Théâtre
Le dernier testament : Mélanie Laurent sur la route de la foi

Le dernier testament : Mélanie Laurent sur la route de la foi

30 janvier 2017 | PAR Marianne Fougere

Dans sa première mise en scène, l’actrice, chanteuse et réalisatrice porte haut et fort le combat de la naïveté. Un pari osé dans ce monde où le cynisme règne en maître.

[rating=4]

Mélanie Laurent a du talent et cela peut vite devenir, sinon énervant, du moins agaçant. Dans Le dernier testament, celle qui fut meilleur espoir féminin adapte l »ouvrage de James Frey Dernier Testament de Ben Zion Avrohom. Celui-ci raconte, par personnages interposés, la vie et l’œuvre d’un messie dans le New York d’aujourd’hui. De miracles en prêches antireligieux, altermondialistes ou écologiques, Ben s’affronte à toutes les nuances de la misère humaine, tentant malgré le racisme et la drogue, la solitude et la violence, à répandre l’amour en terrain hostile.

Alors oui, l’adaptation de Mélanie Laurent a tout de la copie de la bonne élève. Fidèle à la trame du texte, elle s’attache à le servir avec conviction, ne réussissant pas toujours à se départir de ses défauts ni à l’éclairer d’un regard nouveau. Tout ça peut sans doute manquer d’un peu de complexité, la juxtaposition des différents témoignages sembler, malgré les interludes musicales, bien maladroite, et les tirades contre l’homophobie ou l’intégrisme religieux faire iriser les poils des bras. Mais n’en déplaise à ceux qui espéraient un miracle – après tout le roman de Frey n’a jamais était encensé pour sa qualité littéraire extraordinaire, le charme opère. Sans doute, le jeu convaincant des comédiens contribue grandement à transformer un propos, il est vrai, un peu mièvre, en discours porteur d’espoir. Mais, la scénographie inventive, l’utilisation poétique de la vidéo et une bande-son originale jouent également ce rôle de contre-balanciers.

De ce spectacle, le spectateur ne ressortira peut-être pas de la poussière d’étoiles plein les yeux. Il conservera néanmoins en mémoire des moments très beaux lorsque, par exemple, une chorale surgit comme de nulle part au milieu du public. Pendant les quelques minutes qui séparent les marches du Théâtre National de Chaillot à la bouche de métro, une petite étincelle illuminera ses yeux et peut-être verra-t-il transformer, dans les jours à venir, le regard qu’il portera sur le monde qui l’entoure.

Visuel: ©Jean-Louis Fernandez

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