Théâtre
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J’ai couru comme dans un rêve : entre rires et larmes au TGP

09 avril 2013 | PAR Marie Boëda

Quel est le théâtre de notre temps ? A partir de cette question, le collectif Les Sans Cou, lauréat du prix Adami 2012,  a élaboré une création, mise en scène par Igor Mendjisky, dans laquelle la place de la mort et donc de la vie prennent une tournure inéluctable à un moment où tout s’accélère.

Qu’est-ce qui est important dans la vie ? Martin apprend le même jour qu’il a une tumeur au cerveau et qu’il va devenir papa. Sujet au départ peu attirant, glauque… Mais tout dépend comment on l’envisage. Voilà pourtant une question universelle qui nous touche tous : qu’est-ce qui doit-être accompli avant de partir ? Martin retourne dans sa famille pour finir ses jours. En revenant à l’essentiel à une époque où il est de plus en plus difficile de prendre du recul, le collectif  crée une pièce assez longue (un peu plus de 2h) pendant laquelle on alterne entre passages teintés d’humour et de tristesse. Chaque scène contraste avec la précédente dans le ton.  Musique, chant, danse étoffent un décor épuré. Comment traiter d’un tel sujet sans tomber dans le « trop pathétique » voire le pitoyable ? En mettant en parallèle la vie du frère de Martin, sous un angle satirique, présentateur populaire dans des émissions de divertissement, noyé dans la nécessité d’augmenter incommensurablement l’audimat et Martin ramené à la réalité face à la terrible nouvelle, le collectif critique les principaux fondements de la société actuelle ancrée dans la surabondance et la surinformation.

Dans ce désir de faire bouger le théâtre et afin de casser les habitudes, les comédiens entreprennent une insertion dans le public. Certes nous n’avons pas eu la chance d’être dans la grande salle toute rénovée, mais la petite salle permet au public et aux comédiens de créer une proximité. Il est clair que l’improvisation fait partie intégrante du processus de création : « on va peut-être prendre une petite pause ? » nous propose spontanément le comédien « multi facette » Clément Cottard. La construction du spectacle est basée sur un théâtre qui évolue à chaque représentation : « nous voulons un théâtre en mouvement, un théâtre de l’inattendu, un théâtre en rupture, incontrôlable, un théâtre vivant ! ». Inattendu et en rupture à chaque tableau, d’une kyrielle de cris dévastateurs sur des rêves désormais hors d’atteinte au vaudeville sorti de nulle part en passant par une satire des attitudes actuelles. Le spectateur n’a pas le temps de s’ennuyer et passe d’un instant à l’autre du rire à l’émotion, toujours dans un dosage qui permet de ne pas tomber dans le surplus dramatique car il est évidemment difficile de ne pas s’identifier au sort de Martin. Une pièce accessible qui parle d’un sujet sombre tout en faisant réfléchir le spectateur sur ce qui est réellement important.

Visuels (c) : Ghislain Dhorglandes

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