Théâtre

Interview de Michel Didym : « Dans Les Eaux et Forêts, l’intérieur est toujours projeté à l’extérieur »

Interview de Michel Didym : « Dans Les Eaux et Forêts, l’intérieur est toujours projeté à l’extérieur »

05 janvier 2018 | PAR Pierre Descamps

Du 15 au 20 janvier, le CDN Nancy-Lorraine La Manufacture accueille la nouvelle création de son directeur Michel Didym. Il met en scène Les Eaux et Forêts de Marguerite Duras. Rencontre
quelques jours de la première.

Vous montez un texte de Marguerite Duras, quelle relation entre nez-vous avec son écriture ?

C’est une relation livresque et filmographique que j’entretiens avec l’oeuvre de Duras.
En terme d’œuvres, on  peut rapprocher La Musica, Le Shaga et Les Eaux et Foret.
Marguerite Duras a façonné des personnages féminins forts,ambigus, violents. Dans la revue Sorcières qu’elle a fondée, on pouvait y découvrir que les femmes au même titre que les hommes avaient des passions troubles et ambiguës. C’est ce rapport là que j’ai exploré dans la pièce.

Les Eaux et Forêts sonnent comme une tragédie qui autorise le rire. Souhaitez-vous cultiver cela dans cette création, je veux dire, cette tension entre le pire et le rire ?

Toute l’oeuvre de Duras est marqué par le drame de Hiroshima et certainement aussi par la Shoah. C’est une femme qui a connu la Résistance et qui avait un objectif, c’était une période où les intellectuels avaient de l’ambition. Aujourd’hui on en est très éloigné avec des intellectuels dont le rôle est d’aller en cravate sur les plateaux de télévision.Quand elle aborde la comédie, il y’a aussi la vision révolutionnaire de la dramaturgie d’Eugène Ionesco qui resurgit.
Dans la création théâtrale, il y’a la résurgence de Tchekhov qui crée un univers nostalgique mais avec des personnages qui ont une soif de vivre. Cela donne à leur aventure intellectuelle un côté décalé.  Toute la modernité de l’écriture de l’auteure apparaît dans Les Eaux et Forêts.

La distribution est magnifique, parlez moi de votre direction d’acteurs pour cette pièce

Une grande partie du travail consiste à trouver le  bon acteur pour le bon personnage, ensuite le metteur en scène réunit ses grands interprètes et comme un chef d’orchestre il fait du lien entre acteurs et personnages. Il guide l’interprétation aux acteurs. La partition de Marguerite Duras utilise un humour décalant et elle a une incroyable élégance dans la langue.
C’est assurément une femme puissante de ce siècle. Après Le Vice-Consul ( qui a été adapté en film India Song par Duras elle-même),il y’a dans sa vitalité littéraire et une intériorité puissante . Dans Les eaux et forêts, l’intérieur est toujours projeté à l’extérieur
La pièce est une mise en relation moderne entre Beckett et Tchekov.
Cela forme un style marqué dans le marbre contrairement au sable qui laisse des traces

Une création  cela veut dire une totale mise à plat. Comment avez vous travaillé au sein du théâtre ? 

Le travail de scénographie est travaillé un an à l’avance
On débute les répétitions des acteurs avec un décor en carton le temps de la décoration.
Une fois que tout est en place, on passe dans la vraie salle avec les vrais costumes
Il y’a aussi un vrai apport du son car le personnage du chien est très important dans la pièce avec des aboiements , c’est un chien qui doit être à la fois très méchant mais aussi très gentil à l’image des personnages des pièces de Marguerite Duras.
C’est une métaphore de l’oeuvre de Duras, les personnes à l’apparence douce peuvent être des criminels insoupçonnés.

Vous êtes chez vous ici,comment redécouvrez vous ce plateau ?

Le plateau est une boite noire. Une boite noire on l’allume et c’est d’autre chose qui se passe
Il y’a beaucoup d’activité avec les scénographes, éclairagistes et sonores pour créer une intimité des spectateurs envers cette boite en sachant qu’à chaque fois le rapport change entre celle-ci et le public.

Crédit Images
© Garitan

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Une réflexion sur « Interview de Michel Didym : « Dans Les Eaux et Forêts, l’intérieur est toujours projeté à l’extérieur » »

Commentaire(s)

  • Pierre

    Quelques maladresses de style et certaines fautes d’orthographe. Dommage.

    janvier 19, 2018 at 17 h 31 min

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