Théâtre

« Idem » par la compagnie des Sans Cou : un joyeux bazar où la créativité est reine

« Idem » par la compagnie des Sans Cou : un joyeux bazar où la créativité est reine

16 mars 2015 | PAR Audrey Chaix

En 1995, Julien Bernard perd la mémoire après un choc subi pendant une prise d’otage qui a lieu dans le théâtre d’une ville fictive d’un pays de l’Est. Le groupe terroriste qui a mené l’attaque le persuade qu’il a quitté la France pour rejoindre leur cause, dans laquelle il s’implique, faute de savoir qui il est. Pendant ce temps-là, sa femme, Elisa, abandonne leur fille Sam pour se lancer à corps perdu dans la recherche de son époux disparu. Troisième volet de cette histoire rocambolesque : Gaspar Kasper, un escroc doublé d’une personnalité troublée, s’empare de l’histoire de Julien Bernard, qu’il a croisé par hasard à son retour en France, pour la faire sienne et devenir célèbre. 

Cela commence comme un conte pour enfants : un petit ours blanc se demande s’il est bien un ours blanc, et pas un ours brun. Cette fable donne le ton : Idem sera l’histoire d’une quête de son identité par l’être humain, qu’il ait perdu la mémoire, comme Julien, ou bien sa famille, comme sa fille Sam. Jonglant entre les temporalités, Idem passe allègrement d’une époque à l’autre, racontant la rencontre entre Julien et Elisa, la trajectoire de Julien après sa perte de mémoire, celle d’Elisa à la recherche de son mari, et enfin, vingt ans plus tard, la quête de Sam pour retrouver son père.

Pour mettre en scène cette histoire de disparition, de perte et de quête de son identité, la compagnie des Sans Cou a fait fort : mis en scène par Igor Mendjisky, le spectacle fait montre d’une idée à la minute, avec une utilisation astucieuse de l’espace – pas de décor, mais une structure en fond qui permet d’agrandir le plateau, ainsi que de la vidéo, qui souligne le propos sans en faire trop. Dans un bel esprit de troupe, les comédiens se donnent avec une énergie communicative, créant ainsi un contraste intéressant avec les scènes plus poignantes. Notamment la toute dernière, qui est esthétiquement très belle tout en apposant un joli point final à l’histoire de la famille Bernard.

On regrettera quelques longueurs (le spectacle dure tout de même 3 heures, entracte compris), et une mise en scène débordante qui frise par fois le foutraque. On n’en tiendra cependant pas rigueur à Mendjisky et à toute la troupe, tellement leur bonheur de jouer et de raconter cette histoire est palpable. L’épreuve de la tournée leur permettra sûrement de resserrer le propos. Le public ne s’y est d’ailleurs pas trompé : la réception était enthousiaste, et les plus jeunes étaient debout pour applaudir la troupe.

En tournée…

Jeudi 24 mars à 20 h 30 au Théâtre Jean-Arp – Clamart
Mercredi 1er à 19 h 30 et jeudi 2 avril à 20 h 30 au Théâtre du Beauvaisis à Beauvais
Samedi 11 avril à 18 h au Théâtre Louis-Aragon à Tremblay-en-France
Mardi 14 avril à 20 h 30 au Théâtre La Piscine à Châtenay-Malabry
Du 12 novembre au 13 décembre 2015 au Théâtre de La Tempête – Cartoucherie – Paris

Photos : © Simon Gosselin

Infos pratiques

Théâtre de la Paillette
Théâtre Saint Médard
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