Théâtre
Hannibal, héros vaincu au T2G

Hannibal, héros vaincu au T2G

18 septembre 2013 | PAR Christophe Candoni


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Le célèbre général carthaginois est au centre d’une pièce méconnue de Grabbe montée par le très germanophile metteur en scène et grand homme de théâtre Bernard Sobel au Théâtre de Gennevilliers.

Rendons justice à l’ambitieux Bernard Sobel d’affronter l’ Hannibal de Grabbe et d’offrir au public la possibilité d’entendre cet auteur de génie qui vécut pourtant misérablement, le poète et dramaturge allemand Christian Dietrich Grabbe. L’exhumation a même valeur de réhabilitation pour cet auteur du début du XIXe siècle, contemporain de Büchner, aux accents shakespeariens, auteur d’une dizaine de pièces de théâtre dont une seule a été jouée de son vivant et sans jamais connaître le succès. ll reste encore aujourd’hui très peu joué en France comme en Allemagne.

En s’intéressant à la chute du victorieux et vénéré Hannibal, fatalement vaincu dans la guerre menée contre Rome, glissant sur le chemin de la mort choisie, Grabbe signe une pièce passionnante qui devrait captiver mais dont la longue représentation ennuie malgré ses nombreux mérites, notamment par son aspect ardu et son esthétique d’un autre âge qui déconcerte, surtout dans un lieu voué à l’expérimentation des formes contemporaines comme l’est le T2G.

La scène est un plan incliné en pente douce, de simples planches de théâtre prêtes à recevoir le monde entier tant la pièce voyage de Carthage à Rome en passant par L’Espagne et l’Asie mineure. Les espaces s’enchaînent comme les événements successifs avec fluidité au moyen d’un jeu de décors peints rouge-orangé (façon dessins animés) descendant des cintres. Sobel ne considère pas le texte de Grabbe comme une pièce historique et renonce à juste titre à toute reconstitution historisante au profit d’une intemporalité dépouillée revêtant un exotisme mesuré  mais l’ensemble est parfois trop illustratif et manque d’unité.

Reste le jeu d’une belle et solide troupe majoritairement constituée de jeunes acteurs convaincants et bien dirigés qui se donnent les moyens de raconter avec lisibilité l’histoire. Et puis, Jacques Bonnaffé fait un Hannibal très juste dans le registre du désabusement comme celui de la détermination, tout en fermeté calme et sombre sans oublier l’humour et l’ironie. L’acteur trouve là un de ses meilleurs rôles au théâtre.

Photo © Hervé Bellamy /représentations : mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20h30, jeudi à 19h30, dimanche à 15h. Relâche lundi. Dirée : 2h40 (sans entracte).

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