Théâtre
[Festival d’Avignon] Première escale en Argentine avec Sergio Boris et l’ETSBA

[Festival d’Avignon] Première escale en Argentine avec Sergio Boris et l’ETSBA

11 juillet 2015 | PAR Christophe Candoni

Premier des trois metteurs en scène issus de la scène indépendante argentine invités au festival d’Avignon, Sergio Boris propose avec les élèves de l’Ecole supérieure de théâtre Bordeaux Aquitaine une plongée stimulante dans son pays qu’il a permis de découvrir à 14 élèves-comédiens au cours d’un voyage de quatre semaines entrepris en février dernier à Buenos Aires. Leur travail de plateau puise son inspiration dans l’observation de la vie réelle et quotidienne retranscrite lors de séances d’improvisations à leur retour. L’aventure a débouché sur El Syndrome, un spectacle dépaysant.

Sergio Boris proposait en début d’année à La Commune d’Aubervilliers une descente pittoresque dans les bas-fonds nocturnes de Buenos Aires avec sa pièce Viejo, solo y puto (Vieux, seul et pute) ; dans El Syndrome, présenté au gymnase du Lycée Saint Joseph, il fait pénétrer au cœur de la vie animée d’un grand foyer décati sur les rives du delta du Rio de la Plata, dans le Tigre, où cohabitent seize jeunes gens, trois français et des autochtones, dans une promiscuité précaire et presque sensuelle des corps écrasés sous la chaleur et dans une saleté éprouvante. Tous vivent à huis-clos dans une grande et vieille baraque faite de bois et de taule, à l’électricité aléatoire. Ils s’activent aux tâches domestiques (la cuisine, le linge) et s’abandonnent à une douce oisiveté (musique et jeu). Indéfectiblement liés les uns les autres, leur vie en communauté est traversée de moments de partage mais aussi de tension.

S’il y a bien un souci d’authenticité dans la pièce, celle-ci n’a pas une visée proprement documentaire car le geste artistique de Sergio Boris, bien qu’il penche vers le réalisme, est surtout une restitution subjective, poétique et flamboyante d’une expérience singulière vécue. La trame peu narrative, plutôt fantaisiste et décousue de la pièce – un travail d’écriture plus profond et précis s’imposait – évoque bien sûr les conditions de vie difficiles des habitants dans les bidonvilles mais s’appuie surtout sur de simples situations s’apparentant à des morceaux de vie. La belle équipe de jeunes acteurs parle espagnol sur le plateau et s’en donne à cœur joie dans le jeu. Le plaisir l’emporte donc devant ce spectacle non sans faiblesses mais d’une généreuse vitalité.

Visuel : El Syndrome © Christophe Raynaud de Lage

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