Théâtre

[Festival d’Avignon] « La imaginacion del futuro », Marco Layera explose les mythes

[Festival d’Avignon] « La imaginacion del futuro », Marco Layera explose les mythes

19 juillet 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La comparaison va être faite, alors, balayons-la toute de suite. Oui, il y a du Vincent Macaigne dans l’énergie de Marco Layera.  Mais si les sales gosses qui envahissent le plateau crient aussi fort que ceux d’Au moins j’aurai laissé un beau cadavre, la comparaison s’arrête là. Place à une petite bombe qui ne plaira pas à tout le monde.

[rating=5]

Marco Layera est chilien. Pour tenter de comprendre l’actuel de son pays il regarde vers un passé conjugué au présent. Nous voici face au plateau des Carmes ponctué d’un frigo à coca-ligth, de téléphones à cadrans, de bureaux, d’un canapé, de chaises…

Ils entrent en scène en hurlant. Ils ont tous au maximum quarante ans. Ils sont habillés en tailleurs/ costards. Nous sommes dans le bureau du président Allende qui se prépare au pire.il s’agit de  penser le discours qu’il dira quand les militaires arriveront. Nous sommes face à des ministres devenus spin-doctors pour qui la question c’est le fond bien sûr : non pas rouge, surtout pas rouge, ce sera la nature et les enfants bourgeois. Oui, l’image télévisuelle compte plus que les mots.

Ici la question de l’appartenance à une classe est partout, le pays semble divisé.  Ces comédiens-là et ce metteur en scène là ont grandi dans la mémoire des années Allende. Nous sommes dans un propos parodique jalonné d’éléments historiques. Il ne faut pas voir dans La Imaginacion del futuro une propagande anti-communiste mais bien un portrait générationnel, du point de vue de ces artistes, sur l’état des choses vingt-cinq ans après la mort d’Allende. Ils sont clowns autant que comédiens et ne cherchent pas à convaincre,  ils disent leur rage face à un pays qui aujourd’hui ne va pas bien.

La chance est immense d’accéder à un état de lieux de la jeunesse de ce pays. Le spectacle a l’énergie, la fraîcheur et la lucidité que l’on retrouvait dans le Rausch de Falk Richter.

L’idée était bancale mais elle fonctionne à plein tube : les dernières heures d’Allende ont lieu tout de suite maintenant. Lui est un pantin somnolant dont les siestes sont l’occasion pour les ministres de provoquer des happenings détonants teintés d’une vulgarité efficace.

Le public est pris à partie, la troupe nous gène, nous malmène, on ne sait plus démêler le vrai du faux. Sans être chilien, on entre complètement dans leur schizophrénie jouissive. Le spectacle provoque et provoquera des réactions violentes et heurtera les nostalgiques d’une gauche fantasmée.

Retrouvez le Dossier Festival d’Avignon 2014 de la rédaction.

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