Théâtre

« Don Quichotte », grandes promesses et petite déception [Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes]

« Don Quichotte », grandes promesses et petite déception [Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes]

22 septembre 2017 | PAR Mathieu Dochtermann

Beaucoup de spectateurs déçus par Don Quichotte du Théâtre de la Mezzanine, en cette 19ème édition du Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes. Il ne mérite cependant pas que le public sorte de la salle au milieu de la représentation : il est certes marionnettiquement peu intéressant, et les comédiens sont inégaux, mais le traitement de l’histoire et la mise en scène sont dignes d’attention. Et certaines images sont vraiment belles.
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Aller voir ce Don Quichotte pour la marionnette, ce n’est peut-être pas une bonne idée. Certes, quelques marionnettes sont mises en oeuvre, mais d’une façon assez anecdotique, principalement dans des rôles de substitution (en incarnant un personnage qui pourrait aussi bien être campé par un comédien) plutôt très secondaires. Le Rossinante à l’aspect imposant qui décore les affiches n’est finalement sorti qu’à la fin du spectacle, et il n’impressionne finalement pas tant qu’on l’aurait rêvé: moins beau plastiquement que ce que saurait sortir un Théâtre de la Licorne, il ne peut pas rivaliser avec l’élégance et l’ingéniosité de la référence en la matière, le War Horse de la Handspring Puppet Company. Le tableau est tout de meme très beau.

Si l’on ne va pas voir Don Quichotte pour ses marionnettes, peut-on y aller comme à une pièce de théâtre de comédiens? Sous cet angle, il faut saluer l’acteur tenant le rôle principal, qui le sert avec une présence et une puissance insignes. Mais le reste de la distribution est plus inégal, les dialogues tombent parfois un peu à plat, c’est d’autres fois un peu bavard, difficile de vraiment y prendre du plaisir.

Reste la mise en scène, qui est inventive et plutôt réussie, davantage d’ailleurs dans les moments où elle découpe sobrement l’espace en figurant un feuilleton radiophonique en train de se faire, que quand elle utilise une débauche de machines de scène pour loucher vers un spectaculaire qui ne fonctionne pas vraiment, à part à la fin du spectacle. La mise en lumière est très réussie, en revanche. L’histoire de Don Quichotte, modernisée jusqu’à l’anachronisme revendiqué, est décomposée jusqu’à ce que certains de ses motifs se perdent: le prix de la réactualisation d’une oeuvre qui ne doit pas rester intouchable. Reste principalement le romantisme un peu dément du chevalier errant, bien mis en valeur, mais c’est parfois un peu réducteur.

Bref, pas une pièce indispensable, mais rien non plus qui ne doive conduire à la fuir en courant…

Visuels: (c) Jean-François Chastria

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Mathieu Dochtermann
Passionné de spectacle vivant, sous toutes ses formes, des théâtres de marionnettes en particulier, du cirque et des arts de la rue également, et du théâtre de comédiens encore, malgré tout. Pratique le clown, un peu, le conte, encore plus, le théâtre, toujours, le rire, souvent. Critère central d'un bon spectacle: celui qui émeut, qui touche la chose sensible au fond de la poitrine. Le reste, c'est du bavardage. Facebook: https://www.facebook.com/matdochtermann

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