Théâtre
Clovis Cornillac, dans les cordes parfaites de La Contrebasse

Clovis Cornillac, dans les cordes parfaites de La Contrebasse

29 janvier 2014 | PAR Jean-Christophe Mary

Clovis Cornillac se lance un nouveau défi : reprendre le rôle brillamment interprété par Jacques Villeret. Dans La contrebasse » de Patrick Süskind l’auteur du « Parfum », l’acteur entreprend un monologue avec le public autour de cet instrument, le plus puissant de l’orchestre, le plus encombrant aussi. Un pari réussi.

[rating=4]

Pas évident de reprendre un tel rôle si justement incarné durant sept ans par Jacques Villeret. Et pourtant Clovis Cornillac réussit là un vrai tour de force dans cette comédie à la fois tragique et drôle qui laisse transparaître les frustrations et les rancœurs du musicien et de l’homme. On y découvre le travail d’acteur d’un Clovis Cornillac une gestuelle précise et étonnante.

Le contrebassiste se prépare pour la représentation et l’homme bascule dans une folie et de haine peu ordinaire à travers une succession de mélodrames et de situations souvent drôles. Il faut dire que le texte ciselé au millimètre, vous porte sans temps mort de bout en bout. L’histoire de ce contrebassiste fonctionnaire d’un grand orchestre philarmonique, célibataire à 40 ans qui a raté sa vie sombrant peu à peu dans la folie, provoquant son suicide social, maintient la tension de bout en bout. L’attention portée au décor bleu nuit à tiroir d’où le musicien sort tour à tour ses costumes, disques et partitions, est une vraie trouvaille. La mise en scène sobre et le montage serré vont aussi dans ce sens. C’est joué avec une telle précision et un tel sens de l’autodérision, on ne peut être qu’ émus et parfois en rire aux éclats. Le monologue est savoureux et les mots fusent à la vitesse de la lumière. Certaines scènes où le comédien avale bière sur bière, coupe carottes, poireaux en faisant parallèle entre musique classique et nazisme, parodie la démarche de l’éléphant du Carnaval des animaux de Camille St Saens où le passage où il mime l’inceste avec sa mère sont de vraies réussites, de vraies bouffées d’oxygène dans cette chute qui vire à la folie. Pantalon gris, chemise à carreaux et gilet, le jeu de Clovis Cornillac est une merveille de précision, le comédien n’hésitant pas à appuyer les passages drôles, quitte à entrer parfois dans le registre du sur-jeu.

Courez-y, durant une heure trente vous passez de l’émotion au rire, et vous aurez du mal à reprendre votre souffle.

 

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