Théâtre

Christophe Rauck fait chanter « Comme il vous plaira » au Théâtre Du Nord

Christophe Rauck fait chanter « Comme il vous plaira » au Théâtre Du Nord

22 janvier 2018 | PAR Yaël Hirsch

Actuellement à l’affiche du Théâtre du Rond-Point avec Toute ma vie, j’ai fait des choses que je ne savais pas faire, Christophe Rauck, le directeur du Théâtre du Nord met en scène en son fief Comme il vous plaira (1599) de William Shakespeare. Reprenant un texte féroce, écrit entre les Sonnets et les grandes pièces et qu’il avait déjà mis en scène en 1997, il clôture ainsi un cycle sur l’amour. ET il le fait en chansons…souvent d’époque. Toute La Culture était à Lille pour voir le spectacle à la sorte avant qu’il ne parte pour Bordeaux, Velizy, Malakoff, Dunkerque, Senart et Amiens.

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Dans un contexte perturbé, la fille et la nièce du Duc, Rosalinde et Celia se trouvent forcées de se cacher dans la forêt des Ardennes et même, pour Roslainde de se faire passer pour un homme. Au contact de la nature, elles font des rencontres : le philosophe Jacques, le héros Orlando qui grave son amour pour Rosalinde sur l’écorce des arbres mais ne la reconnaît pas en garde-forestier et bientôt, elles rencontrent également le frère de ce dernier, Olivier … Selon les mots du fameux monologue de Jacques, le monde est bel est bien une scène où nous jouons des rôles au fil des âges.

Sol noir élégant reflétant les habits colorés des acteurs, panneaux d’arbre façon nabie et cerfs de taxidermie rachetés à la Comédie Française, un décor élégant est vite planté, parfait pour renouer avec une certaine Angleterre élisabéthaine, encore mieux exprimée par les chants de Henry Purcell et John Dowland qui viennent, en juste mesure, ponctuer le texte. Il y a beaucoup d’effets de fumée et une belle énergie pour faire briller Shakespeare….Et Christophe Rauck dynamise et dynamite tout cela à grand renforts de paillettes, de jupes courtes sur la voix d’ange et les jambes interminables de Phebe (Luanda Sisuieta) et de micro pris et pointés, voire souvent plaqués au sol, pour un show extraverti.

Du côté des acteurs, l’équipe est soudée et très impliquée : L’on apprécie l’énonciation limpide de Cecile Garcia Fogel en Rosalinde qui met en exergue tout le potentiel subversif du texte. Notamment quand on parle d’amour et de genre… Mais pourquoi saute-t-elle sur place tel zébulon dès qu’elle a enfilé une salopette de garçon? Et pourquoi prend-elle le ton de la racaille vintage made in the nineties?Autre petit bémol :  le jeter-tomber-essuyer intempestif et récurrent des acteurs est un peu mystérieux, nuit à la compréhension du texte et empêche qu’il redonne pour nous aujourd’hui. Toute en retenue, Maud Le Crevellec est très claire en Celia, John Arnold très vibrant même si un soupçon terne dans le fameux monologue de Jacques, Alain Tretout joue le bouffon au sens plein du terme et Pierre-Francois Garel est un bon Orlando, un peu rebelle.

Le tout forme une partition riche de trois heures où l’on prend plaisir à redécouvrir le texte de Shakespeare.

A voir avant le 31 janvier à Lille, puis en tournée. Et ne manquez pas la journée universitaire dédiée au texte, le 26 janvier au Théâtre du Nord.

visuels : Simon Gosselin

Infos pratiques

Théâtre de la Paillette
Théâtre Saint Médard
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