Théâtre
[Avignon Off] Sous la glace, le rendez-vous manqué de la compagnie de l’Arcade avec Falk Richter

[Avignon Off] Sous la glace, le rendez-vous manqué de la compagnie de l’Arcade avec Falk Richter

16 juillet 2015 | PAR Audrey Chaix

Sous la glace, c’est l’histoire de trois consultants dans une grosse boîte de finance. Shootés à l’adrénaline et à la coke, il leur faut toujours plus : plus d’argent, plus de performances, plus de sexe, plus d’évaluations. Au travers de team buildings et de réunions, ils ne s’arrêtent jamais, foncent à toute vitesse pour montrer qu’ils sont les meilleurs, au détriment de leur humanité. Jusqu’à ce que l’un d’eux, Jean Personne (Xavier Czapla), plus âgé, et donc moins productif, se pose la question de l’utilité de cette course sans fin.

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Le texte de Falk Richter est dur, incisif, violent parfois. Il résonne d’actualité, aussi, alors que qu’il est question que le burn out soit reconnu comme maladie professionnelle en France. Immédiatement, le spectateur est saisi par la justesse du texte de l’auteur allemand, qui, malgré des monologues assez longs, ne lasse pas un instant, tellement il est écrit sur le fil du rasoir.

Et c’est dommage, car malgré trois très bons comédiens, la mise en scène n’échappe pas à de nombreux écueils qui la desservent. Les effets de voix amplifiés sonnent faux et fatiguent l’écoute plus qu’ils ne la facilitent. En fond de scène, un ours blanc dont le cœur, rouge, bat au rythme du CAC 40, symbolise l’enfance perdue de Jean Personne : il apparaît surtout bien cheap avec son tissu blanc tendu sur une armature visible. Tous ces effets de manche nuisent malheureusement à l’écoute du texte et à l’appréciation du jeu des comédiens.

On ira donc pour le texte de Falk Richter, aussi effrayant que saisissant, ainsi que pour applaudir les trois comédiens, avec une mention particulière pour Xavier Czapla, qui incarne un Jean Personne très habité. Malheureusement, la mise en scène nous a paru cruellement manquer de subtilité et de finesse.

Sous la glace, de Falk Richter. Interprété par Xavier Czapla, Patrice Gallet, Stéphane Szestak. Mise en scène : Vincent Dussart. Ingénieur du son et régie : Joris Valet. Durée : 1 h 15. À 17 h 25 au Théâtre des Lucioles. Jusqu’au 26 juillet.

Retrouvez tous les spectacles du Festival dans notre dossier Avignon 2015

Crédit photos : © Corinne Marianne Pontoir

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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