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[Avignon Off] Avec « La Mate », Flore Lefebvre des Noëttes nous plonge dans l’évocation nostalgique de son enfance

[Avignon Off] Avec « La Mate », Flore Lefebvre des Noëttes nous plonge dans l’évocation nostalgique de son enfance

16 juillet 2015 | PAR Audrey Chaix

Dans la chapelle du Théâtre des Halles, il fait frais. Idéal pour accueillir le public de Flore Lefebvre des Noëttes, qui vient lui parler de sa « mate », sa mater qui mate sa meute au gré des aventures de cette grande famille (12 enfants !) dans les années 1960. Une évocation nostalgique, mâtinée d’humour et d’un grain de folie, par laquelle Flore Lefebvre des Noëttes partage ses souvenirs d’enfance piochés dans un grand cahier qu’elle a ouvert devant elle, posé sur un pupitre. Un joli moment partagé avec un public conquis.  

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Vêtue d’une robe de velours noir tombant sous le genou, le nez chaussé de grandes lunettes à monture noire et épaisse, les cheveux sagement noués dans le cou, Flore Lefebvre des Noëttes a tout de la maîtresse d’école un peu revêche alors qu’elle entre sur la scène de la minuscule chapelle. Très vite, cependant, le ton est donné : avec une langue très riche, une diction parfaite et une présence étonnante, Flore Lefebvre des Noëttes donne à voir et à vivre les tribulations de cette famille nombreuse, avec son père bipolaire, régulièrement interné, et une mère courage qui tient sa tribu de main de maître.

Dans une scénographie très sobre, qui fait la part belle aux éclairages, Flore Lefebvre des Noëttes incarne avec beaucoup de truculence et de poésie l’histoire de cette famille extraordinaire. Sur une bande-son tirée de la variété française des années 1960, elle rit, pleure, crie, danse et enchante le public, avec des accents parfois lyriques, souvent comiques, et de temps à autre profondément intimes.

Empreint d’une belle nostalgie, qui ne cède pas à la mélancolie, La Mate est une réussite notamment parce que le spectacle implique le spectateur : chacun se rappellera, avec un sourire, sa propre enfance ou bien celle de ses parents contés à travers toutes les petites anecdotes familiales qui font la mémoire collective d’une fratrie. Une petite heure de pur bonheur, entre plaisir du théâtre et jubilation du langage.

La Mate, de et avec Flore Lefebvre des Noëttes. Collaboration artistique : Anne Le Guernec. Lumières : Laurent Schneegans. Costumes : Laurianne Scimeni. Durée : 1 h 10. À 20 h au Théâtre des Halles. Jusqu’au 26 juillet.

Retrouvez tous les spectacles du Festival dans notre dossier Avignon 2015

Crédits photos : © Laurent Schneegans

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Audrey Chaix
Professionnelle de la communication, Audrey a fait des études d'anglais et de communication à la Sorbonne et au CELSA avant de partir vivre à Lille. Passionnée par le spectacle vivant, en particulier le théâtre, mais aussi la danse ou l'opéra, elle écume les salles de spectacle de part et d'autre de la frontière franco-belgo-britannique. @audreyvchaixphoto : maxime dufour photographies.

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