Théâtre
A la Colline, Gospodin veut « prendre le capitalisme par les couilles »

A la Colline, Gospodin veut « prendre le capitalisme par les couilles »

20 mai 2013 | PAR Christophe Candoni

A la Colline, Benoît Lambert met en scène Dénommé Gospodin qu’il avait déjà présenté en 2011 au festival d’Avignon dans une simple mise en espace à la chapelle des Pénitents blancs à l’occasion des 40 ans du Théâtre Ouvert. La pièce du jeune auteur allemand Philipp Löhle présente un homme qui veut envers et contre tous en finir avec le système économique actuel. Une comédie sympathique et nihiliste sur la tentative de changer de vie.

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Avec son jean, son tee-shirt coloré et ses baskets, Gospodin est un Monsieur tout-le-monde, un peu dingue et simplet mais pas abruti pour autant, il suscite une immédiate sympathie. Il avait chez lui un lama jusqu’à ce que l’Organisation mondiale indépendante de défense de l’environnement Greenpeace le lui enlève pour le mettre au zoo. Pas facile donc de vivre à la marge des normes, de tourner le dos au système et d’échapper à ses étroits carcans. Anticapitaliste révolté et résistant pacifique, Gospodin est pourtant bien décidé à se soulever contre ce que la société fait de lui, un bête consommateur dominé par l’argent roi. Il ne travaille pas et refuse de s’inscrire à l’anpe, il déteste les manières petites-bourgeoises de sa famille et ses amis, l’argent ne l’intéresse pas et lorsque une manne de billets de banque lui tombe entre les mains, sa vie devient un enfer. Gospodin court dans la ville, cherche sa liberté, invente son monde à lui, exigeant et forcément seul. Il finit en prison et contre toute attente, il s’y trouve bien car il n’y a rien à posséder.

La fable est un peu sommaire et n’évite pas un certain schématisme, mais elle est drôle et pertinente bien que complètement farfelue. Pour poursuivre son œuvre toujours en phase avec les problématiques sociétales actuelles et questionner les dérégulations du monde contemporain, le nouveau directeur du Théâtre Dijon Bourgogne ne pouvait pas trouver mieux que cette pièce d’un jeune auteur trentenaire allemand déjà beaucoup monté outre-Rhin qui n’est pas l’héritier de Brecht pour rien. Mais loin de la dénonciation violente et de la révolte dure, c’est avec un esprit jouissif, un ton bon enfant, un humour et une folie bienvenus qu’il rêve, utopique et sans donner de leçon, à un monde plus simple et paisible. Christophe Brault est un Gospodin parfait, Chloé Réjon et Emmanuel Vérité croquent avec justesse tous les personnages qui gravitent autour, ils forment un trio énergique et réjouissant.

du mercredi au samedi à 21h, le mardi à 19h et le dimanche à 16h /  © Elisabeth Carrecchio

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