Performance
Les pieces courtes : les petits écrins performatifs de Maxime Kurvers

Les pieces courtes : les petits écrins performatifs de Maxime Kurvers

10 avril 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Entre danse et performance, le scénographe de Jérôme Bel, Maxime Kurvers offre au Festival l’Étrange Cargo l’expérience de ses Pièces courtes 1-9.

[rating=4]

Il ne faut pas raconter ici car vous ne verrez pas ce que l’on a vu. Ce duo-là a dans sa poche des saynètes qui durent 3 comme 25 minutes et qui portent  des  noms aussi énigmatiques que « J’apprends à me battre », « je disparais » ou encore « je me  laisse dire une utopie communiste ». Des propositions utilisées par Julien Geffroy, Claire Rappin et Charles Zévaco comme des cartes à jouer.

L’affaire est risquée et elle est par définition inégale. Le réveil d’Empédocle nous assomme, l’histoire de la guerre en son et lumière nous laisse sans voix, tout comme une interaction avec l’extérieur via Chatroulette nous fait elle hurler de rire. Charles Zévaco et Claire Rappin mènent le dispositif dans un espace quasi vide où trône un piano du genre Celesta dont le son est celui d’un orgue.

La musique tient.  Elle est elle aussi une comédienne à part entière de ce spectacle qui vient faire performer la performance en la poussant dans ses retranchements. De Rihanna à John Dowland, il est tout même question d’amour et de sensations pour ce duo qui est continuellement séparé, apparaissant l’un après l’autre.

Il y a cette volonté enervante en même temps que fascinante de singer le genre performatif. On a déjà vu des comédiens silencieux, des postures figée, de la danse qui jaillit. Jérôme Bel, Tompkins, Genod Chaignaud, Capdevielle… la liste est longue et elle a comme dénominateur commun d’avoir fréquenté ce lieu hybride, à la fois salle de spectacle et école de danse, qu’est la Ménagerie de Verre.

Les pièces courtes utilisent l’espace comme rarement et opère dans la nature même des saluts un geste qui puise dans la grammaire de cet art situé entre la danse, le théâtre et les arts plastiques.

Les pièces courtes forment un ensemble juste et construit qui apparaît comme une réflexion sur un pan du spectacle vivant vieux de plus de 40 ans et toujours vu comme underground. Pourvu que ça dure.

Pieces Courtes 1-9 joue jusqu’à samedi. Et ensuite viendront dans le cadre de l’Etrange Cargo:

Rodrigo Garcìa – Accidens + Flame – CRÉATION (Flame)
Sigrid Bouaziz & Valentine Carette – Je veux, je veux – CRÉATION
Marcela Santander Corvalan & Volmir Cordeiro – Époque

Visuel : Anne Beaugé

Infos pratiques

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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