Performance
« House of the Holy Afro » : sacrée Afrique du Sud

« House of the Holy Afro » : sacrée Afrique du Sud

20 novembre 2013 | PAR Melissa Chemam

Dans le cadre du Festival d’Automne à Paris et de la Saison culturelle sud-africaine en France, le metteur en scène Brett Bailey a conçu un spectacle entre sons et lumières, danse et délire mystique, pour le plus grand plaisir d’un public de tout âge, conquis dès le premier soir. House of the Holy Afro rend hommage non seulement à la culture populaire sud-africaine mais aussi à la « musique noire » en général, aux sons des percussions tonitruantes et aux rythmes des danses les plus échevelées. Encore deux soirs au 104, Paris 19ème.

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Accueilli par un rideau doré et une boule à facettes, le public va devoir déborder les chaises, en nombre bien insuffisant. Au fond du théâtre du CENTQUATRE, un bar se fait discret. Entre les deux rangées de sièges, le parterre ressemble à celui d’un concert. C’est à ne pas s’y tromper. Lorsque la mystérieuse musique teintée de sons d’oiseaux en pleine nature s’estompe, le rideau s’ouvre et fait place à deux trios de danseurs aux looks tribaux : des hommes parés aux atours des abeilles, des femmes en pagnes colorés. Le caractère paisible de l’entrée en matière est ensuite rompu par l’irruption d’un personnage-précheur, chanteur mystique et messianique à la voix tonitruante, entouré de trois danseuses endiablées…

Rapidement la question se pose : sommes-nous dans un temple promettant le paradis ou dans un enfer au goût de nightclub ? Bien sûr, les deux, l’un puis l’autre, l’un et l’autre. Dans cette odyssée de la musique noire et sud-africaine, Brett Bailey et la chorégraphe Natalie Fisher ont mélangé sacré et profane, religion et musique. Oui, le leader du groupe aux chaînes en or qui brillent est un peu gourou. Et oui, les prières ont besoin de rythme, semblent-ils déclarer.

Le spectacle joue avec subtilité de toutes ses ambiances et emporte franchement très rapidement l’adhésion de ce public parisien pourtant un peu BCBG. Dans une succession de chorégraphies chantées défileront alors masques rituels, danses chamaniques, rythmes hip hop, sorciers, danseurs, percussionnistes, citations et hommages divers à ceux qui ont fait la culture « afro » : du Michael Jackson des années Jackson Five à Superfly, en passant par Jomo Kenyatta (le premier président du Kenya indépendant), Shaft, Miriam Makeba et bien sûr… Nelson Mandela.

La « Maison sur Saint Afro » vit et pulse avec une force haute en couleur, réveille et rend scéniquement ses lettres de noblesse postcoloniales à la nation arc-en-ciel. Belle performance.

Mélissa Chemam

Scénographie : Brett Bailey / Chorégraphie : Natalie Fisher. Avec Odidiva.

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