Performance
[Festival d’Avignon] « Notallwhowanderarelost », les distances trop équilibrées de Benjamin Verdonck

[Festival d’Avignon] « Notallwhowanderarelost », les distances trop équilibrées de Benjamin Verdonck

15 juillet 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

C’était l’une des attentes du Festival d’Avignon. Le flamand Benjamin Verdonck présente un jeune public au nom imprononçable Notallwhowanderarelost à moins que l’on y mette des respirations : Not/ All/Who/Wander/Are/Lost (ceux qui n’errent pas sont perdus). Une fois le souffle pris et le temps digéré, il est possible d’entrer, longtemps après dans cette proposition.

[rating=3]

Notallwhowanderarelost a de sérieuses références puisqu’il a déjà été montré au  très contemporain Kunstenfestivaldesarts. Nous voici face à un numéro d’équilibriste contemplatif qui manque d’humour à trop vouloir se mettre à distance. Benjamin Verdonck est accompagné sur le plateau d’un mini théâtre, pensé comme une cabane mobile. Un décor qui tient dans une valise, que l’on imagine volontiers pliée dans une chambre. Le soucis ici est bien l’enfermement.

Il tire les fils de petites voiles en carton qui s’amusent à changer de taille et de directions, qui s’embarquent sur des vagues stylisées. Les références Dada et surréalistes sont clairement énoncées et dans la forme et dans le fond. Un texte écrit à l’aide de lettres découpées et collées nous dit par exemple : « À la fin j’ai demandé à K qu’est-ce qu’on peut faire de plus. Se retirer élégamment, a-t-il répondu ». C’est cela qu’il fait de mieux, nous attrapant enfin après un temps excessivement long d’approche.  On le voit alors performeur incroyable dont le visage tournant semble se désolidariser de son corps.

Mais, pensé pour un jeune public le spectacle ne touche pas sa cible et attendrait son but dans un programmation de performance pure.  Un enfant parle trop fort, il lui demande de se taire et les tintements des clochettes (là encore, très dada) ne permettent pas au spectateur de se sentir intégré à cette performance intelligente mais trop distante. Il reste une œuvre qui fonctionne et qui marque de ses images. Un géant sans tête, des bateau, et la dite tête retrouvée. Pas mal.

Visuel : © griet stellamans

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2 thoughts on “[Festival d’Avignon] « Notallwhowanderarelost », les distances trop équilibrées de Benjamin Verdonck”

Commentaire(s)

  • Si l’humour ne vous touche pas et si le temps d’attente est trop long à votre goût…attente de quoi?… Votre avis est digne d’un passionné de la zapette!

    juillet 19, 2015 at 17 h 26 min
    • Amelie Blaustein Niddam

      Attendre qu’un artiste qui fait un jeune public n’insulte pas son public. Attendre que la beauté surgisse. Je crois.

      juillet 20, 2015 at 9 h 50 min

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