Opéra
« I Puritani » de Bellini : Le tournis à l’Opéra de Paris

« I Puritani » de Bellini : Le tournis à l’Opéra de Paris

08 décembre 2013 | PAR La Rédaction

 

Nouvelle production très attendue à l’Opéra de Paris où l’œuvre n’a pas été jouée depuis 1987, Les Puritains de Bellini, réserve une soirée lyrique sans éclat, hormis la présence scénique de Maria Agresta, bouleversante et très juste dans le rôle d’Elvira. Laurent Pelly, comme inspiré par un nuancier de gris, signe une mise en scène falote à donner le tournis, fière d’un décor imposant sur plateau omni-tournant.

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Les mises en scène de Laurent Pelly peuvent faire date. Platée au Palais Garnier avec Paul Agnew et Jean-Paul Fouchécourt, La Grande Duchesse de Gerolstein avec Felicity Lott au Châtelet, La Fille du Régiment avec Nathalie Dessay à Bastille. Ces productions sont mémorables, elles ont une couleur spécifique pour chacune. Les Puritains, dans leurs costumes d’époque, convenus et sombres, sont figés jusqu’à l’ennui. Cette austérité outrancière provoque une fatigue tout au long du premier acte. Le dispositif scénique, épuré en un sens, repose sur un grand château à lui seul. Stylisé par une structure de fer, ce décor quasi-unique n’évolue pas. Quelques modules le complètent ou sont ôtés d’un acte à l’autre. Il a la prodigieuse capacité de tourner sur lui-même, inlassablement.

Dans la fosse, l’œuvre retrouve sa vitalité. Michele Mariotti au pupitre redonne un souffle à de très belles pages musicales. Les musiciens de l’Orchestre de l’Opéra de Paris flattent nos oreilles. D’un point de vue vocal, la distribution réserve de bonnes surprises. La soprano italienne Maria Agresta, dont ce sont les débuts à l’Opéra de Paris, porte le rôle d’Elvira à la perfection. Son sens du jeu n’est pas sans évoquer celui d’Angela Gheorghiu ou d’Anna Netrebko. Michele Pertusi, rompu aux rôles belcantistes, interprète quant à lui Sir Giorgio avec l’élégance qui lui appartient.

Si Les Puritains n’ont pas convaincu les amateurs de Bellini, qu’ils se rassurent : ils pourront retrouver I Capuleti e i Montecchi, mis en scène par Robert Carsen à l’Opéra Bastille au printemps 2014.

David Desvallées

I Puritani, melodramma serio en trois parties, de Vincenzo Bellini, sur un livret de Carlo Pepoli, Opéra Bastille, 2h54 avec entracte.

Visuel : © Opéra national de Paris : Andrea Messana

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Géraldine Bretault
Diplômée de l'École du Louvre en histoire de l'art et en muséologie, Géraldine Bretault est conférencière, traductrice et rédactrice dans le secteur culturel, collaboratrice régulière de l'ICOM, des Rencontres d'Arles, de la revue de design Etapes. Membre de l'Association des traducteurs littéraires de France et du Syndicat de la critique de théâtre, musique et danse, elle a rejoint l'aventure de Toute La Culture en 2011, autour des rubriques Danse, Expos et Littérature. Elle a par ailleurs séjourné à Milan (2000) et à New York (2001, 2009-2011), où elle officiait en tant que Docent au Museum of Arts and Design et au New Museum of Contemporary Art.

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