Jeune Public

Les Trois brigands, à l’italienne, au Lucernaire

Les Trois brigands, à l’italienne, au Lucernaire

04 décembre 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Tremblez jeunes gens, jusqu’au 14 janvier, Les Trois Brigands menacent de vous dépouiller au Lucernaire. La compagnie Les muettes bavardes s’amuse des codes de guignol et de l’opérette pour transmettre le célèbre conte de Tomi Ungerer. A partir de 4 ans.

Il fait noir, et seule une lune accrochée bien au dessus du plateau nous éclaire. Ils apparaissent comme une ombre, silhouette capée et chapeautée. Très vite, un chant comme une introduction, qui fait « la la la », un accordéon, une voiture comme dans les westerns et un vol. Dans le carrosse transformé en théâtre de marionnettes à l’ancienne, les comédiens manipulent un brigadier à bâton et des voyageurs traumatisés. C’est du grand guignol qui s’assume avant de laisser place à une forme de comédie musicale.

« On dit qu’ils sont armés
Ombres noires et effrayantes
On dit qu’ils peuvent hurler
C’est la terreur, c’est l’épouvante ! »

On est dans une forme ultra-classique de conte jeune public. Pourtant, cela n’est pas pour nous déplaire. Evidemment, on déplore que la recherche actuelle de forme ne soit pas à l’ordre du jour pour cette compagnie, tout comme une volonté, un peu datée, de faire coller les décors au temps de l’histoire. Mais les codes, à la fois puisés dans la commedia dell’arte et dans l’Opera-Buffa, très respectés font de cette adaptation des Trois Brigands un bel objet, élégant et honnête.

Les enfants ne s’y trompent pas et rient aux éclats, d’autant plus que leur réaction n’est pas cherchée à la truelle. Pas de « Il est où le loup ??!!!!, il est où !!!??? ». Loin de là. Le récit est ultra-respecté et on avance dans ce conte que l’on connait par cœur avec délice. Le bien et le mal, les gentils les méchants, les méchants qui deviennent gentils. Tout est là.

Classique ne rime pas forcement avec ennui, preuve en est ici. La mise en scène de Wilfried BOSCH fait une place très pertinente au théâtre d’ombres, c’est bien cela que l’on retiendra, moments de purs poésies à l’allégorie plus fine que dans les manipulations des marionnettes un peu trop formelles.

Visuel : ©Lucernaire

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. amelie@toutelaculture.com

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