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« La petite fille qui disait non », le conte féministe de Carole Thibaut réhabilite le loup

« La petite fille qui disait non », le conte féministe de Carole Thibaut réhabilite le loup

15 novembre 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

À la Maison des métallos jusqu’au 17 novembre, Carole Thibaut propose une version très XXIe siècle du conte du Petit chaperon rouge avec La petite fille qui disait non. Un jeune public à la scénographie très adulte.

Le nom de Carole Thibaut est depuis l’été dernier associé à un énorme coup de gueule. Elle n’est pas une petite fille et pourtant elle a dit non à l’hypocrisie qui règne sur le monde du théâtre qui voit les metteuses en scène être très souvent absentes des grands rendez-vous. Et dans son jeune public, elle continue le combat. Ici les hommes sont des absents et les filles doivent travailler dur pour s’en sortir. C’est le leitmotiv que Jeanne (Hélène Seretti) la mère (pour Jeanne Moreau) inculque à sa fille Marie (Marie Rousselle-Olivier, (pour Marie Curie).

La vie sans les hommes est ultra speed puisque personne ne peut aider la mère le matin. La gamine pousse seule, bien accompagnée par sa grand mère (Yann Mercier génial en mamie russe très Dalida) spectaculaire, Louise qui elle aussi n’a aucun souvenir du nom et du visage du père de Jeanne.

Un monde sans hommes, c’est forcément triste et ce conte-là est bien une tragédie qui compte ses fantômes, ses secrets, et des absents.

La scénographie de Camille Allain-Dulondel est parfaite. La lumière de Yoann Tivoli et les vidéos de Vincent Boujon permettent des apparitions et des disparitions de lieux qui nous entraînent soit chez Louise soit dans une « forêt » de béton interdite. Le sol est une allégorie de la vie qui se cabosse à vue d’œil.

La petite Marie n’est plus si petite et elle doit choisir sa vie et pourquoi pas elle, trouver un loup qui ne la mangera pas. Faire sa route, libre loin de sa filiation sans père mais en gardant avec elle le meilleur des femmes de sa vie.

Tout est parfait ici, le jeu et sa direction. Un tout public à partir de 8 ans qui vous fera voir la cigale de La Fontaine comme vous ne l’aviez jamais imaginé.

Aux Métallos jusqu’au 17 (vendredi à 10h et 20h, samedi à 19h), puis en tournée jusqu’en mai 2019.

Visuel : ©Thierry Laporte

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. amelie@toutelaculture.com

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