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« Hansel et Gretel », la Cordonnerie prend le conte à l’envers

« Hansel et Gretel », la Cordonnerie prend le conte à l’envers

10 février 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Au Nouveau Théâtre de Montreuil (CDN) se joue jusqu’au 14 février un Hansel et Gretel tout public absolument génial. Génial oui, car tout inverser dans ce conte de Grimm est une idée brillante comme un feu de Bengale.

[rating=5]

Cinéma, théâtre. Théâtre ou cinéma ? Pourquoi choisir quand La Cordonnerie vous offre un deux en un incroyablement ingénieux. Sur scène,  le plateau est plein : un piano, deux pupitres remplis de trucs et astuces, un soubassophone. On est ici au musée du doublage sonore. Tout est là pour bricoler un bruit, et il en faudra des tonnes.

Des tonnes oui, car sous nos yeux après une entrée en matière digne du music-hall, se déroule le film de la vie de Jacob (Samuel Hercule), fils des célèbres magiciens Hansel (Michel Crémadès) et Gretel (Manuela Gourary), qui récemment virés de La piste aux étoiles squattent la caravane de leur progéniture. Ce mini-cirque vit de l’œuf que pond la poule de la « maison » et de beaucoup d’amour. Jusqu’au jour où une mystérieuse Barbara (Métilde Weyergans)  aux yeux bandés vient semer le trouble…

Tout ici est question d’inversion. Sur cette scène de théâtre l’image vient de l’écran, le son vient de la scène et dans le conte, ce sont les enfants qui abandonnent leurs parents en pleine forêt. Cela permet de faire passer un message d’une lourde violence : les enfants veulent, parfois, jeter leurs parents. La fonction expiatrice du conte est ici parfaitement respectée et pour la diffuser, nous assistons ébahis à la construction d’un montage sonore de film.

Un paquet de pâtes vide est froissé et voici qu’à l’écran on voit un œuf sur la poêle. Des négatifs sont posés au sol, les comédiens les écrasent et nous voyons Hansel, Gretel, Jacob et Barbara marcher dans la forêt. Samuel Hercule et Métilde Weyergans sont sur scène accompagnés de deux musiciens, Thimothée Jolly et Florie Perroud. A eux quatre, ils forment un univers sonore digne des plus grosses prod de cinéma.

Ils prouvent que l’on peut faire beaucoup avec des idées très poétiques, que de bric et de broc on transforme un aquarium en lac immense. Ce voyage dans le passé à l’esthétique seventies et aux outils vintage vient poser des questions très actuelles sur la filiation et la solidarité entre les générations.

Un bijou vivifiant !

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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