Danse
Un « Sacre du Printemps interprété par She She Pop et leurs mères » qui ne percute pas

Un « Sacre du Printemps interprété par She She Pop et leurs mères » qui ne percute pas

23 octobre 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le collectif She She Pop est l’invité du Festival d’Automne qui leur offre une visibilité sur deux spectacles, tous deux présentés aux Théâtre de la Ville-Les Abbesses. Après le réussi Schubladen qui retraçait leur jeunesse, il s’attaque à la question de la relation mère-enfant dans une version du Sacre du Printemps qui n’atteint pas sa folie.

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C’est une belle idée qui tombe à plat. En 2013, le monde de la danse célébrait le centenaire du Sacre du Printemps de Vaslav Nijinski. Depuis, la pièce, qui lors de sa création n’avait été donnée que cinq fois à Paris a été interprétée, réinterprétée, et même recréée, l’année dernière par Dominique Brun. On aura vu un Xavier Roy le mimer et Pina Bausch le magnifier. Mais que raconte, au delà du mythe, le Sacre du Printemps ?

Il s’agit d’une prédiction, celle d’un sacrifice obligatoire pour que le cycle des saisons se fasse. L’occasion de voir les éléments se déchaîner. Le premier tableau, « L’Adoration de la terre » est lumineux, il s’oppose au deuxième, sombre : « Le sacrifice ».

Avec le collectif allemand Le Sacre du printemps prend sa part de folie pure, et c’est bien là qu’on les attend. Sur scène, quatre panneaux vont être le support vidéo de projections. Nous verrons chaque comédien, lui présent sur le plateau interagir avec sa mère, elle devenue virtuelle en tissant le fil du « sacrifice »

L’idée est géniale : faire jouer les mères mais pas vraiment, feindre l’interaction. L’occasion est superbe de rentrer dans le lard des relations toujours compliquées qui se nouent entre mères et enfants. Cela, le collectif l’atteint vers la fin du spectacle, dans une symbiose de la vidéo qui voit les visages devenir monstrueux. Les uns mangent les autres, vraiment. Mais auparavant, c’est le régne du poncif qui gouverne : mères coupables, aimantes, obsédantes, (trop) indépendantes… Nous sommes dans une forme de catalogue verbeux qui manque de fond et de forme où l’amour dégouline dans des sentiments trop polis. On est loin du sacrifice recherché.

She She Pop et leurs mères © Doro Tuch

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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