Danse
« Robot » : l’univers futuriste et décalé de Blanca Li

« Robot » : l’univers futuriste et décalé de Blanca Li

14 octobre 2013 | PAR Marie Boëda

La nouvelle création de Blanca Li Robot est présentée jusqu’au 19 octobre à la Maison des Arts de Créteil. C’est avec poésie et l’humour qui la caractérise que la chorégraphe espagnole interroge un thème contemporain. Alors que les recherches scientifiques sur la capacité des robots à ressembler aux humains arrivent à un point de non retour, elle donne un nouveau souffle à cette question en mettant en scène la confrontation de l’homme et du robot.

En interrogeant le rapport au vivant, la place du robot devient de plus en plus prégnante. Jusqu’à quel point la machine prendra-t-elle le dessus dans cette course éperdue vers l’innovation ? Quelles en sont les limites ? C’est en effet la question qui plane, semble-t-il, sur le ballet de Blanca Li dans la cohabitation entre le robot et l’humain. Tout d’abord soutenu par le son des battements du cœur, le ballet est accompagné d’une musique de plus en plus mécanique, imitant les rouages d’une machine ou les cliquetis d’une horloge.  La voix humaine qui accompagnait au départ les mouvements arrondis et sensuels des huit danseurs s’évapore bien vite pour laisser place à de curieuses rencontres avec des automates sur une musique robotique. Les danseurs toujours aussi énergiques, deviennent aisément des machines dépourvues d’empathie. Très vite noyés sous le flot continu d’appareils électroniques, ils perdent peu à peu le contrôle et la danse n’en est que plus hystérique.

D’autres acteurs rentrent aussi dans le décor, les automates électromécaniques de Maywa Denki. Objets de musique et de décoration, ils renvoient une image « rétro-futuriste » accentuant l’aspect décalé du spectacle. Ces instruments qui prennent différentes formes, comme celle d’une lampe sont agis par des humains. Les sons que déclenchent ces machines en résine et en aluminium nous imprègnent d’une sensation loufoque aux nuances de synthétiseurs. A travers plusieurs échelles d’inventions technologiques, la chorégraphe questionne  l’évolution ainsi que le rapport des machines à l’homme.

Les robots, des personnages métallisés, tantôt sympathiques, tantôt mesquins, sont construits de manière à attendrir les humains. Blanca Li a réussi à rendre toute la salle « gaga » lorsque Nao, un vrai robot bientôt commercialisé, apprend à marcher et à danser aux côtés de son « professeur de danse ». Il demande alors autant d’attention qu’un bébé et le danseur semble prendre à cœur son rôle de père. La frontière est alors mince entre un enfant et un objet mécanique à qui on insère toutes les attitudes d’un jeune humain ! Les robots ont-ils (auront-ils) un cœur ? A voir, en tout cas la hiérarchie de l’évolution que Blanca Li dessine, du singe à l’homme, semble bien se terminer par un robot…

Un spectacle drôle et enjoué à conseiller aux petits et grands. Robot est une création du Festival de Montpellier danse 2013. Il sera au Théâtre des Champs-Elysées du 23 décembre au 5 janvier.

Images (c) : Magali Bragard

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