Danse

« Nouvelles pièces courtes » : la malice de Découflé à Chaillot

« Nouvelles pièces courtes » : la malice de Découflé à Chaillot

07 mai 2018 | PAR Marie Boëda

Philippe Découflé présente « Nouvelles pièces courtes » au Théâtre national de Chaillot jusqu’au 10 mai. Une plongée dans un spectacle total où acrobatie, danse, musique et chant s’accordent. Entre cabaret et comédie musicale. 

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Au premier abord, l’addition de cinq pièces sans lien narratif peut paraître étrange. C’est parfois un peu en vrac, mais  Philippe Découflé réussit à incorporer un liant dynamique et joyeux porté par sa troupe charismatique.

Cinq pièces, cinq histoires : Duo, Le Trou, Vivaldi, Évolution et Voyage au Japon.

Le trio de départ s’amuse, joue de la flûte traversière, fait corps avec un piano. Le second tableau astucieux offre simplement un trou duquel dépassent le buste d’un danseur et les jambes d’une danseuse. Arrive ensuite la musique de Vivaldi, qui dicte les pas des danseurs aux costumes outrageusement colorés, ambiance baroque. La dernière pièce commence par un vol direction Tokyo et décline différents excès de la société japonaise.

La troupe éclectique apporte beaucoup au spectacle. Chaque danseur sait faire autre chose, l’un(e) joue d’un instrument, un autre filme, d’autres chantent ou racontent. Ils viennent de milieux variés, Pina Bausch, cirque du soleil, striptease et savent manier l’humour.

C’est bien l’homme qui a chorégraphié la musique de David Bowie ou créé pour le Crazy Horse. Le corps des femmes est un coup sublimé, un coup épuré. La lumière et la vidéo y ont un rôle. La vidéo prolonge la scène, décuple les danseurs, donne une autre temporalité au spectacle. Chaque détail a son importance. Même les chiffres qui indiquent le numéro de la pièce sont dessinés par le corps et l’emplacement des danseurs.

Découflé  justifie l’usage de petites pièces courtes car ce format évoque le rock’n roll. La vitalité prime et annule toute sensation de lassitude qui intervient parfois dans des ballets où l’histoire dure toute la durée du spectacle. Intensité aussi, car chaque pièce a sa propre particularité, les tableaux s’enchainent et ne se ressemblent pas. La présence des textes en direct, de la musique en direct, les changements de décors rapides sont un parti pris contre l’ennui. Et le chorégraphe n’en oublie pas pour autant la poésie.

 Visuel © Charles Fréger

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Marie Boëda

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