Danse
La puissance et la profondeur du flamenco, derniers temps forts au festival de La Villette

La puissance et la profondeur du flamenco, derniers temps forts au festival de La Villette

20 mai 2013 | PAR Marie Boëda


480x,6521,flamenco-480x240La dernière soirée de danse et de musique hispanique s’est déroulée samedi 18 mai à la grande halle de la Villette. Entre retour aux sources avec Cumbre Flamenca et un flamenco nuevo avec Tomatito et ses musiciens, le festival s’est clôturé sur une soirée haute en couleur aux tons subtils et passionnés.

Un solo de guitare nous met tout de suite dans l’ambiance pour commencer cette immersion dans le sud de l’Espagne en Andalousie. Ils sont cinq dans la troupe de Cumbre Flamenca et montent sur scène un à un. Depuis deux ans, ils réunissent la vieille garde du flamenco traditionnel et défendent les valeurs premières du flamenco. Les deux chanteuses qui viennent accompagner le guitariste aux notes franches et souples, révèlent la douleur et la souffrance des chants presque religieux, proches du cante jondo. Elles sont vite rejointes par un chanteur à la voix suave et profonde. Une danseuse aux formes voluptueuses commence à faire claquer ses talonnettes avec ardeur, elle possède une présence extraordinaire, typiquement issue de cet art hispanique aux influences nord-africaines. Tour à tour ou ensemble, ils nous font voyager dans un patio à Séville. Malgré l’espace de la scène, on se croirait proche d’eux dans un cercle intime qu’on aurait découvert par hasard dans une Andalousie traditionnelle. Les artistes se parlent entre eux, échangent en espagnol, pas de français c’est la première fois qu’ils vont en France, ça tombe bien, le public est en grande partie espagnol. Ils s’encouragent, le rythme est ponctué par des Olé, Guapo, Guapa…  Puis le dernier de la troupe fait son apparition, d’un certain âge, comme les autres membres de la troupe, il est vêtu d’un costume gris et porte une canne et un chapeau feutre. Une fois qu’il a jeté sa canne de manière désinvolte, il épate la salle de sa technique foudroyante et de son humour. Une troupe incroyable de bonne humeur, humble, avec un sens théâtral certain qui transmet au public une chaleur andalouse.

Même pendant l’entracte, on change de pays ; des stands d’objets touristiques sont exposés autour de la scène. On peut y déguster jambon, tortillas… et si ce spectacle vous incite à aller en Espagne, un stand de compagnie d’aviation et  une banque sont à votre disposition ! On nous offre du gaspacho et un éventail en guise d’invitation au voyage…

José Fernandez Torres alias, Tomatito tant attendu et acclamé dès le début fait son apparition sur scène avec ses musiciens de qualité indéniable. Subtil et dans l’échange constant avec eux, il nous offre la douceur et la violence de cette musique. Son doigté aux touches fines et fulgurantes est tout à fait reconnaissable et sa créativité aux tendances parfois jazz est en ébullition. A ses côtés un percussionniste, un guitariste et deux chanteurs au ton juste. Le rythme si particulier de ce style de musique est parfaitement incarné par Tomatito, qui depuis son plus jeune âge baigne dans cet univers. Son dernier album « Soy Flamenco » n’est qu’une assurance de plus que cette musique vit en lui. Pour compléter cet art musical et chanté, une danseuse, au départ assise, se lève nonchalamment et commence doucement à danser pour atteindre une catharsis qui la conduit dans une transe envoûtante et déchirante aux jeux de pieds rapides, précis et percutants. Elle provoque le public de sa technique et de son regard sombre. Elle prendrait presque la vedette à notre guitariste internationalement reconnu. Totalement conquis, le public tape des pieds en communion avec les artistes pour une nouvelle envolée hispanique.

Un art toujours aussi populaire qui, malgré ses nombreuses innovations, conserve une authenticité éloquente. On en redemande !

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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