Danse

La performance du Nederland Dans Theater à Chaillot

La performance du Nederland Dans Theater à Chaillot

26 juin 2017 | PAR Marie Boëda

Après le succès de 2014, le Théâtre de Chaillot accueille une nouvelle fois le NDT, Nederland Dans Theater, une des meilleures troupes néo-classiques et contemporaines au monde. Crystal Pite et le duo Sol Léon et Paul Lightfoot présentent trois chorégraphies envoûtantes. Jusqu’au 30 juin.

 

« Safe as Houses » entame la soirée avec perfection. Le dosage équilibré du classique et du contemporain se meut dans un environnement mobile. Particularité du duo Sol Léon et Paul Lightfoot, l’appropriation de l’espace. Un mur blanc trône au milieu de la scène, il bouge, tourne sur lui même pendant que les danseurs le poursuivent ou le fuient ; cela ajoute une temporalité au spectacle en constante mutation. On tremble  parfois pour les interprètes, peur qu’ils se fassent frapper par ce mur qui ne les attend pas et se referme constamment sur leurs pas. Inspiré d’un des plus vieux textes chinois « Classique des changements » de Yi Jing. Noir et blanc comme le Yin et Yang, élégant et onirique, les deux groupes de danseurs s’articulent nerveusement en solitaire ou en duo, cadrés par la rigueur des notes de Bach.

« Stop Motion » clôt la soirée et révèle la capacité narratrice des  créations de Leon et Lightfoot. Quelques duos racontent avec pudeur et sensibilité les tourments de l’âme humaine. Des écrans sur un côté et au fond de la salle sont souvent de trop. En revanche, bel effet, lorsque une poussière blanche envahit la scène sous les pas des danseurs. Tout cela, sur une partition mélodieuse signée Max Richter.

La mélancolie est souvent présente dans les créations du duo ; elle apporte émotion et poésie à la troupe virtuose du NDT. Quant à Crystal, elle excelle dans la capacité à faire ressortir la personnalité de chaque danseur.

Au milieu du spectacle, « In the Event » s’installe comme le ballet apocalyptique de la soirée. Désespoir et incompréhension s’expriment à partir d’un femme, à terre dès le début du spectacle, on ne sait pas si elle est morte ou évanouie. La partition crue d’Owen Belton rompt avec les airs choisis par Lightfoot et Leon. Les danseurs miment, en saccadé et improvisent, ils semblent aimantés. Pour couronner le tout, un fond en couleur de feu éternel laisse surgir quelques éclairs aux tonalités effrayantes.

Des créations contemporaines de qualité, qui mettent en valeur des danseurs polyvalents et à la technique étonnante. Émotion et esthétisme font bon ménage, on en reste scotchés.

(c) Rahi Rezvani

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Marie Boëda

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