Danse

La blue note pas si bandante de Mette Ingvartsen au Festival d’Automne

La blue note pas si bandante de Mette Ingvartsen au Festival d’Automne

06 octobre 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le public parisien connaît de la chorégraphe danoise ses travaux sur la sexualité. En 2015 elle avait littéralement réchauffé le Festival d’Automne avec 7 pleasures. Pour l’édition 2017 du festival elle reprend To Come, une pièce écrite en 2005, dans sa version « extended ». 

[rating=3]

Tout commence comme dans une sculpture de Xavier Veilhan,  tout commence comme dans une sculpture tout court. Des êtres bleus, recouverts d’une combinaison totale et ultra moulante se positionnent à la façon d’une partouze. Sauf qu’ici, aucun halètement, ni aucun mouvement, qu’il soit doux ou frénétique n’arrive. To come, jouir si vous préférez est une dystopie. Sur une face on trouve le sexe sans plaisir et sur l’autre le plaisir sans sexe. Sur une face on trouve des visages fermés et cachés et sur l’autre des corps presque nus ( des baskets et des soquettes viennent apporter une touche rockabilly à l’affaire)

Mette Ingvartsen fait du théâtre politique et ses images ne sont jamais vaines. Mais la proposition s’épuise très vite car elle ne dépasse pas le cadre formel.  Oui, le premier tableau est très beau mais il ne provoque aucun choc. C’est même l’idée, que le sexe même à en groupe ne suffise pas, nous laisse de marbre. On aura compris, vite compris, et l’installation élastique du temps ne permet pas d’entrer en tension.

Benny Goodman lui fait hurler les bois, les cuivres et transpirer les corps. « Sing Sing Sing » réveillerait un mort, et là encore, c’est l’idée, un peu trop facile, livrée au premier degré. Les danseurs (Johanna Chemnitz, Katharina Dreyer, Bruno Freire, Bambam Frost, Ghyslaine Gau, Elias Girod, Gemma Higginbotham, Dolores Hulan, Jacob Ingram-Dodd, Anni Koskinen, Olivier Muller, Calixto Neto, Danny Neyman, Norbert Pape et Hagar Tenenbaum) sont hyper physiques. Le rythme est magnifique, les portés 50’s absolument bien réalisés.

La chorégraphe formée à P.A.R.T.S a le sens du groupe, elle sait faire une image, elle sait jouer des ombres et diriger ses danseurs comme des comédiens. On éclate de rire à l’occasion d’une chorale d’orgasmes vraiment jouissive ! Mais rien n’y fait, To Come nous donne un goût de coït interrompu. Et si finalement To Come voulait parler de frustration ? Là, on toucherait, qui sait, au doigt mouillé l’instant parfait.

Visuel : © Jens Sethzman

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