Danse
[Avignon Off] « Noir de boue et d’obus »,dans le mille de la mémoire humaine de la Grande Guerre

[Avignon Off] « Noir de boue et d’obus »,dans le mille de la mémoire humaine de la Grande Guerre

26 juillet 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La dernière aura lieu demain, dimanche, à 18H40 dans l’un des trois lieux d’Avignon Off qui se concentrent sur la danse : le permanent Théâtre Golovine. Il faut voir Noir de boue et d’obus, un scud percutant sur la mémoire des soldats blancs et noirs qui se sont embourbés malgré eux dans les tranchées.

[rating=5]

Une marseillaise retentit et une danseuse africaine danse à fond, à fond. L’image est parfaite et sera le premier obus de ce spectacle très percutant. Quatre danseurs, aussi bons  techniquement que dramatiquement sont les soldats venus des colonies grossir les rangs.  Louise Crivellaro, Mariama Deidhiou, Alseye Ndao et Julie Sicher vont entrer dans une marche militaire ponctuée de mots. Ces mots proviennent des lettres qu’une marraine envoie à son filleul Marius, les mots sont les textes des chansons qui redonnent du cœur à l’ouvrage de l’horreur : « La chanson de Craonne » est ici chantée : « Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne, sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C’est nous les sacrifiés ! »

Il est absolument saisissant et pertinent de faire danser les soldats, particulièrement ici, où il faut ramper, ou il faut nourrir le corps convulsé. Il faut devenir fou aussi, hurler de rire parce-que demain ce sera trop tard. Il faut être fier et voir son être tout entier être transformé en monument au mort inconnu.

Ces quatre-là ont un nom et un visage, ils sont ensemble jusqu’au bout, tant qu’il est possible de rester vivant. Les jaillissements surprennent : les danses folkloriques de différents pays croisent les chevauchements des cadavres.  Les images sont d’une violence et d’une beauté justes, d’autant plus étonnantes qu’elles ne sont pas graves : l’amitié sert ici de carburant. L’espoir se niche partout, y compris dans les tranchées où l’on triche au jeux de cartes.

Ici, quatre hommes sont enrôlés, deviennent amis, deviennent une famille, liés pour l’éternité dans la pierre.

Chef d’oeuvre.

Visuel : ©Denis Guichot

Retrouvez le dossier Festival d’Avignon 2014 de la rédaction

Noir de boue et d’obus au festival OFF d’Avignon 2015
Le quatuor revient au Théâtre Golovine du 4 au 26 juillet à 14h30 (relâche les mercredis 8, 15 et 22 juillet). Tarifs : 14€ (plein) / 10 € (carte OFF) / 5€ (enfant). Réservation : 04 90 86 01 27. Plus d’infos sur le site du OFF.

Infos pratiques

Compagnie Premier Acte
Compagnie vol plané
theatre_golovine

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