Danse

« Au-delà », la veillée combative et spirituelle de Delavallet Bidiefono

« Au-delà », la veillée combative et spirituelle de Delavallet Bidiefono

16 janvier 2014 | PAR Christophe Candoni

Donné cette semaine à la Maison des Arts de Créteil, Au-delà se présente aussi bien comme une fête, une émeute, une veillée funèbre qui tient autant du concert de rock que du rituel sacré. Sept danseurs se jettent à corps perdus dans une transe toute en secousses et pleine d’élan.  Leur révolte et leur énergie vitales et battantes font un raffut dingue sur le plateau qui a de quoi réveiller les morts.

Le spectacle s’ouvre sur un homme, assis, torse nu, qui parle mais demeure inaudible. A plusieurs reprises, les lèvres des danseurs bougent et pourtant aucun son n’en sort, pas même lorsqu’ils font mine de crier. Ce discours inexprimable par la parole se voit relayé par l’éloquence des corps qui disent la brutalité d’une situation politique et humaine complexe, la précarité, la maladie, l’empreinte tenace de la guerre civile. Cet état de l’Afrique a nourri le travail de la compagnie Baninga qui vient de Brazzaville. Là-bas, la mort est partout. Des veillées en l’honneur des disparus rythment le quotidien des habitants des quartiers.

L’artiste congolais Delavallet Bidiefono, chorégraphe et musicien, a présenté ce spectacle au dernier Festival d’Avignon où l’Afrique trouvait justement une place prépondérante dans la mesure où le dramaturge Dieudonné Niangouna était l’un des artistes associés à la programmation.

Si le spectacle comporte beaucoup de maladresses et d’excès, que son propos est parfois obscur, son geste chorégraphique trop peu élaboré, tout cela est compensé par la force de ses interprètes déchaînés, sous combustion, arborant de larges sourires qui contrebalancent la gravité de leur propos et déployant une énergie folle et porteuse.

Au-delà  se livre comme une incantation scénique furieusement tourbillonnante mais aussi spirituelle dans sa recherche d’une transcendance par le chant, la musique, le mouvement. Après le vacarme tonitruant, le spectacle saisit tout autant sous le poids du silence qui le conclut.

© Nicolas Guyot

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