Comédie musicale

‘Flashdance the Musical’, le revival réussi qui séduit la midinette qui sommeille en nous

‘Flashdance the Musical’, le revival réussi qui séduit la midinette qui sommeille en nous

18 janvier 2015 | PAR La Rédaction

Tous les soirs, jusqu’au mois de mars, le Théâtre du Gymnase vibre au son des années 80 de la comédie musicale Flashdance mise en scène par Philippe Hersen et produit par Denise Petitdidier. Alors que le film mythique d’Adrian Lyne fête ses trente ans et a bien vieilli, la troupe de Flashdance the Musical ressuscite son esprit romantique et rageur, et permet aux inconditionnels du film (et aux autres) de (re)vivre leurs émotions adolescentes.

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C’est plein d’attentes qu’on pénètre dans le théâtre du Gymnase. On vient pour revivre des émotions de jeunesse, pour revivre les scènes mythiques d’un film qu’on a vu cent fois et qui aujourd’hui est quelque peu has been. On a alors envie d’une version 2015 fraîche et actuelle mais aussi fidèle au Flashdance originel qui a fait tant rêver. On veut de la danse, de l’amour, de la sensualité et du rêve. Et c’est bien ce que la troupe de cette comédie musicale propose.

Dès que l’on entre dans leThéâtre du Gymnase, le spectacle a déjà commencé. On est accueilli par un biker de deux mètres de haut, jovial et follement sympathique, qui nous taquine comme si on faisait partie de la famille. Et c’est peut-être bien cela, la famille Flashdance, qui se réunit chaque soir pour communier autour de cette œuvre fameuse. On y croise donc des fans du film qui se remémorent les meilleurs passages. On y rencontre aussi la famille de l’actrice principale, Priscilla Betti, qui vient plusieurs fois par semaine. On connaissait Priscilla Betti, ancienne enfant star, pré pubère et blondinette, on la découvre talentueuse et plus femme que jamais dans ce Flashdance endiablé.

Pittsburg, 1984. Le rideau s’ouvre sur une vidéo s’inspirant d’une des scènes emblématiques du film. Dans les ruelles d’une ville industrielle, Alex, l’héroïne, sac en bandoulière, déambule à vélo. Pas de doute, on est bien dans Flashdance.
Tout au long du show, on retrouve l’esprit du film. Et c’est comme enfiler un pull qu’on a longtemps porté et adoré. C’est un voyage dans le temps confortable et réjouissant.
L’usine, les masques en métal, les crachats de feu, les danseurs de rue, l’école de danse, le décolleté dans le dos vertigineux lors de la scène du premier rendez-vous d’Alex avec Nick, le patron de l’aciérie, les répétitions dans son loft désaffecté, l’audition finale sur What a feeling d’Irene Cara… Tout y est.
Le personnage d’Alex est fidèle à l’interprétation de Jennifer Beals, entre fragilité, masculinité et un besoin furieux de danser. Priscilla Betti est parfaite. Belle, appétissante telle une liane enchanteresse, grâce à sa fougue et son énergie communicative, on se surprend à vouloir enfiler le fameux body noir ultra échancré pour se défouler à ses côtés sur Maniac. Cette scène de danse déchaînée prend au cœur et au corps, on trépigne sur son siège au rythme des fameux pas de course de toute la troupe qui scande le sol tel un marteau-piqueur. Un régal !
A la fin de la première partie, comme il se doit en climax du show, on a aussi le droit à la pose lascive sur la chaise avec la fontaine d’eau jaillissante qui nous donne la patience d’attendre la suite.

On retient également quelques comédiens qui apportent beaucoup de charme, d’humour et de peps à l’ensemble. Tout d’abord, Gaétan Borg dans le rôle de Nick, très séduisant, à la voix envoûtante et puissante qui se marie harmonieusement à la voix de Priscilla. Leurs duos Ici et Maintenant ou Tenir le coup, charment, émeuvent et réveillent en quelques notes le sentimentalisme du public, qui les admire, la larme à l’œil.

Ensuite, Kania Allard, dans le rôle de Kiki, donne des frissons grâce à son timbre chaleureux et sa puissance remarquable. On retient également Fabrice de la Villeherve, dans le rôle d’Harry et Djamel Mehnane, dans le rôle de Jimmy, aux numéros dynamiques et très drôles.

Enfin, la danse est vraiment à l’honneur avec un mélange des genres vivifiant. Hip hop de haut niveau, danse moderne et ballet classique se côtoient et dialoguent dans des chorégraphies de grande qualité.

Un mise en scène enlevée, des décors sur écrans géants qui donnent du relief et de la variété, un son à couper le souffle, une troupe heureuse d’être là, des personnages secondaires attachants, des voix puissantes, de la danse, de la danse et encore de la danse, sont autant d’ingrédients d’une recette artistique savoureuse qu’on a envie de goûter encore et encore.

Flashdance, de Tom Hedley et Robert Cary d’après le film de Adrian Lyne, mise en scène : Philippe Hersen, avec : Priscilla Betti, , Gaetan Borg, Kania, Marie Orlandi, et Claire Perot.

visuels : photos officielles du spectacle

Marie Aveillan

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La Rédaction

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