Cirque

« Le corps utopique… » de Nikolaus Holz c’est aussi un corps poétique

« Le corps utopique… » de Nikolaus Holz c’est aussi un corps poétique

22 septembre 2017 | PAR Mathieu Dochtermann

Le corps utopique est un spectacle de cirque brillant et sensible, qui a en plus la générosité du  clown tendre. Nikolaus Holz à su s’entourer de brillants complices pour livrer une très belle oeuvre, très complète, qui transportera à n’en pas douter tous les publics qui auront le bonheur de s’y frotter. A ne surtout pas bouder!
[rating=5]

De prime abord et si l’on ne sait pas ce qu’on est venu voir, on se dit que l’on ne va pas passer un mauvais moment. Au départ, le spectacle mobilise surtout des personnages de clowns gentiment déjantés, quelques acrobaties légères, un humour très physique avec quelques pointes un peu scato. De numéros d’adresse, point, ou peu s’en faut. En somme, c’est sympathique, le tout accompagné avec quelques notes de piano jouées sur scène, c’est bien agréable.

Le soupçon que quelque chose de plus grand couve s’installe lorsque les rideaux qui masquaient une grande partie du plateau sont arrachés, découvrant un improbable chantier fait d’échafaudages qui montent jusqu’aux cintres. De grandes barres verticales ressemblent fort à des mâts chinois, on s’attend à quelques acrobaties en hauteur, mais les quatre interprètes tiennent encore leur personnage de clown, continuent de débloquer. Et le spectacle commence à se déployer.

On oscille entre des moments de poésie et des prouesses techniques qui font plaisir à voir. Poésie notamment que le talent magistral de conteur de Pierre Byland, qui accompagne le spectacle au piano entre deux interventions, ou que l’humour doucement absurde qui gagne peu à peu du terrain sur l’humour physique qui prévalait plus tôt. Quant à la technique, le talent de jongleur de Nikolaus Holz est bluffant, et le passage d’Ode Rosset au mât chinois a de quoi rivaliser avec les meilleurs numéros qu’il nous ait été donné de voir avec cet agrès.

On est entré dans un spectacle aimable, on en ressort avec la sensation d’avoir traversé un grand spectacle: intelligent, poétique, sensible, avec une grande louche de virtuosité pour lier l’ensemble.

Ceux qui, plus informés, sont venus en sachant qui était à l’affiche, n’en auront pas été surpris. Nikolaus Holz défriche depuis une trentaine d’années le nouveau cirque, en liant le clown et un talent de jongleur consommé. Et que dire de Pierre Bylant, pétulant octogénaire aux faux airs de Galabru, légende des arts du cirque et du clown, qui participa jadis à mettre en place le premier CNAC, et qui fut le professeur du premier? Avec les talentueux Medhi Azema et Ode Rosset, ils forment un quatuor de choc, qui ne pouvait que réussir la mission de faire rêver le public avec intelligence et sensibilité.

Il faut se précipiter pour voir ce beau spectacle, dans la très agréable salle du Nouveau Théâtre de Montreuil, jusqu’au 29 septembre.

avec Mehdi Azema, Pierre Byland, Ode Rosset, Nikolaus
une idée de Nikolaus Holz
mise en scène Christian Lucas
scénographie Raymond Sarti
création lumière Hervé Gary
costumes Fanny Mandonnet
création sonore Michel Maurer
collaboratrice artistique Aude Schmitter
constructeurs Daniel Doumergue, Olivier Gauducheau
visuels: (c) DR

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