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Le « Cabaret Électrique » prend son envol

Le « Cabaret Électrique » prend son envol

15 février 2014 | PAR Mathilde Le Quellec

Sous le joli petit chapiteau du Cirque Électrique, une ambiance familiale et intimiste. La première de Cabaret Électrique, plutôt réussie, se déroule dans la bonne humeur. Un public réceptif et complice qui se prend au jeu de son sympathique présentateur, Benjamin Beneventi.

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Une troupe de six artistes, accompagnés de la musique live de T’n’T et de la voix chaude de la mezzo soprano Maria Fernanda Ruette, nous embarque pour l’inauguration de leur spectacle Cabaret Électrique : oscillant d’un numéro de voltige à l’autre – trapèzes ballants et cordes volantes au premier plan avec Tarzana et Ariana –, le spectacle commence par les circonvolutions de cette dernière dans sa roue Cyr, une discipline acrobatique encore peu répandue et très originale. À l’œuvre, également, un duo d’équilibristes dans un numéro de main à main très poétique (duo Cedelo), un jongleur de diabolo, un autre de massues, de balles, et même de ballons, une danseuse de pole dance (Céline) et une effeuilleuse burlesque (Lalla Morte). Si les numéros de voltige sont parfaitement maîtrisés, ceux de jonglage méritent d’être retravaillés pour effacer les imperfections. Malgré les maladresses, on apprécie la beauté de la prestation artistique et la créativité du jongleur dans la composition de figures très délicates, qui ont beaucoup de panache.

Les numéros de trapèze ballant et de corde volante sont remarquables. C’est totalement détendue qu’Ariana s’élance avec une grâce parfaite dans le vide, les pieds accrochés à l’agrès, sans filet de sécurité ni harnachement, provoquant une montée d’adrénaline. Son regard expressif et ses petits cris d’ivresse nous donnent l’impression que la voltige lui procure un sentiment de liberté intense, presque la sensation d’être invincible. Il est rare que cette joie profonde se lise sur le visage des artistes et ne soit troublée par leur concentration. Cette bouffée de liberté est contagieuse et l’on plane avec elle.

L’effeuilleuse Lalla Morte, de son côté, redessine les courbes de son corps dans la pénombre qui rehausse les traînées de couleurs fluorescentes qu’elle se trace lentement, sur les bras, les jambes, le contour de la poitrine… en harmonie avec la musique. Une effeuilleuse-fakir, car elle se plaît aussi à s’allonger sur du verre et à s’y prélasser avec volupté.

La prestation de main à main, quant à elle, est peut-être le moment le plus piquant du spectacle : une chorégraphie mêlant acrobaties et équilibres dans un jeu de séduction. La complicité du porteur et de sa voltigeuse est bien présente et leur composition électrisante.

Véritable boute-en-train qui réapparaît entre chaque numéro sans jamais nous ennuyer, notre présentateur apporte beaucoup de fraîcheur au spectacle, le plus souvent depuis son fauteuil. Il fait beaucoup participer le public, curieux de savoir si, en plus de son talent pour l’autodérision, Ben touche à une autre discipline circassienne que celle de clown. L’assistance l’exhorte, à la fin, à dévoiler ses talents tout comme ses charmes (Des « À poil ! À poil !! » se sont fait entendre…). Futur public, vous verrez ce qu’il vous aura concocté. À vous d’être persuasifs !

Un spectacle qui nécessite des ajustements, mais qui a de l’avenir ! On peut regretter quelques cassures, notamment les « sept minutes de Kiki Picasso » consacrées à la présentation du livre d’Antoine Lefébure, l’Affaire Snowden. Le sujet est intéressant, mais le moment d’en parler un peu malvenu, car il coupe brutalement le spectacle sans que l’on saisisse son rapport avec lui. À la mention de Kiki Picasso, en effet, on s’attendait plutôt à un numéro de clown…) Autre rupture : l’entracte de vingt minutes. Un spectacle un peu décousu qui est à remodeler. Le fond est là, par contre, et les artistes, en plus d’être brillants, sont aussi humbles et accessibles : le public, bien accueilli, peut échanger avec eux en toute liberté à la fin du spectacle.

Cabaret Électrique, au Cirque Électrique : 20, place du Maquis du Vercors, 75020 Paris / Ouverture des portes à 19 heures, spectacle à 21 heures, durée 1h30. Tarif plein 16 € – tarif réduit 8 €.

Visuels : © photos de Hervé Photograff © affiche officielle du spectacle

Infos pratiques

La Scène Watteau
Musée d’Orsay
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