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[Avignon off] Orphelins, un thriller sombre à la Présence Pasteur

[Avignon off] Orphelins, un thriller sombre à la Présence Pasteur

18 juillet 2013 | PAR Christophe Candoni

 

orphelins de Deniis Kelly2

Flirtant avec le polar noir et le fait divers, Dennis Kelly propose un drame contemporain à lourd suspense, inquiétant et glaçant mais un peu plombant interprété dans le off d’Avignon à la Présence Pasteur.

Les bras et les mains recouverts de sang, un jeune homme se présente inopinément un soir chez sa sœur au moment du dîner qu’elle partage avec son mari. Ils forment un couple visiblement distant et taciturne. Cela ne va pas bien entre eux. Dehors, un gamin, un couteau, une fuite. Quel incident s’est-il réellement passé. Un accident ? Un règlement de compte ? Un crime ? Un acte de vengeance ? Une violence purement gratuite? Un acte raciste ? Dans quelle mesure celui qui se présente confus et tangible dans ses explications plutôt troubles est-il lié à l’affaire ? Ce sont autant de questions qui sont posées au cœur d’une pièce qui pousse froidement des gens en apparence honnêtes à se révéler les pires monstres de barbarie presque malgré eux. Plutôt dérangeant de la part de l’auteur britannique Dennis Kelly, encore peu monté en France mais qu’on a pu découvrir au Théâtre de la Colline avec Occupe-toi du bébé en 2011.

Cette lourde intrigue et ses nombreuses révélations sont fort bien amenées par la mise en scène de Arnaud Anckaert et le bon jeu d’acteurs (Fabrice Gaillard est le plus étonnant dans le rôle du frère inconséquent, agressif et menaçant, à qui il apporte une étrangeté louche, une vraie folie mais aussi une vulnérabilité sincère). Son rythme vif, son climat tendu, nerveux, anxiogène est efficace et renforcé par la scénographie exiguë d’un huis clos triangulaire. On ne comprend pas bien l’intérêt de brouiller les relations qui unissent les personnages. Le couple et le frère sont à certaines occasions présentés de manière très proche et tactile, pouvant faire penser à un possible ménage à trois, peut-être pour montrer à quel point ils se tiennent à mesure que l’on progresse dans l’histoire. Le texte plutôt glauque est déjà assez chargé en rebondissements sordides, peut-être même à l’excès.

 

Infos pratiques

Festival des Inrocks
Maison Jean Vilar
Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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