Musique
Uri Caine quartet en concert à l’auditorium du MAJH

Uri Caine quartet en concert à l’auditorium du MAJH

03 mars 2011 | PAR Pascal

Joie, humilité et embrasement. Tels sont les premiers adjectifs qui viennent à l’esprit quand on parle du pianiste new-yorkais Uri Caine. Le Musée d’art et d’histoire du judaïsme l’accueille en son auditorium le 15 mars avec son quartet pour un concert électrique. Quartet ou quatuor, jazz ou classique, notre visiteur d’un soir ne connait pas de frontière à l’improvisation, la composition et les arrangements. Né du jazz de Philly Joe Jones et Hank Mobley, avec lesquels il jouera, il passe sans prétention dans des tourbillons successifs de Mahler et Schuman à John Zorn, de l’IRCAM à un concert boogie en pleine campagne helvétique, de l’orchestre de Cleveland à un trio fusion, du festival de jazz de Montréal à un auditorium du Marais.

Uri Caine est un musicien à part. Assis sur une chaise de plastique blanche, devant son Steinway, chemise à manches courtes, lunettes posées sur le nez comme deux ailes de papillon, survolant le clavier dont on oublierait les limites tonales, il ne tempère pas dans ses créations ou ses visites de standards, immanent, jubilatoire. Notre artiste est un urbaniste du monde qui mettrait la main aux notes, un bibliothécaire qui réécrirait chaque livre de son empire littéraire, un peintre de type Chagall dont le particulier décalé éblouirait comme une évidence. Autant de rigueur que d’ampleur, autant d’aisance dans la puissance de la main gauche que la délicatesse de la main droite, dans ses aigus abandonnés souvent par le feutre de la table d’harmonie.

A celles et ceux qui ne le connaitraient pas, ses participations au projet « Massada » de John Zorn sont des perles, leur réinterprétation avec son orchestre à cordes des touches de grâce. Il se présente aujourd’hui avec son quartet : N’Guyen Lê à la guitare, Reggie Washington à la basse et Cornell Rochester à la batterie. Hautes envolées avec ses musiciens, qui issus de l’orchestre National de jazz, compagnon de route de Gene Lake et Ravi Coltrane nous feront vibrer sans concession entre funk, expérimentation électronique et spiritualité.

Lorsque vous chercherez sur la toile des informations sur notre musicien, quatre « tags » reviennent fréquemment : avant-garde, piano, jazz et tzadik. Ce dernier terme dont le sens est « sage », nous relierait au lieu du concert. Au dix-septième siècle vécut le fondateur de ce mouvement de sagesse « le hassidisme » dont les préceptes simples étaient : Joie, humilité et embrasement. Ainsi vont les amoures musicales de l’ouragan Uri Caine, telles les violons du Baal.

Pascal Szulc

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