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Climax, le nouveau festival qui compte

Climax, le nouveau festival qui compte

12 septembre 2017 | PAR Sarah Dray

Pour sa troisième édition, Climax a proposé du 7 au 10 septembre une belle programmation musicale et des tables rondes très intéressantes sur des sujets liés à l’écologie et au changement climatique. Désormais, il faudra compter avec ce nouveau venu pour clôturer la saison des festivals.

Climax, malgré son histoire récente, ne déroge pas à la tradition des festivals : des concerts en cascade et des festivaliers plutôt jeunes, en mode jean-baskets, prêts à profiter de ce que le festival a à offrir. Néanmoins, Climax a une spécificité : c’est un festival engagé pour l’écologie ! Vous l’aurez  peut-être compris, vu le nom du festival. Climax c’est donc des conférences la journée et des concerts en fin de d’après-midi et en soirée.

A Climax, l’engagement s’affiche à coup de slogans très grand format : « Nourrir sans détruire », « Déclarons l’état d’urgence climatique ». Ces slogans, on peut les lire au Parc Palmer, le site du festival qui accueille les concerts. Egalement, cette année, on ne trouve sur le site que de la nourriture bio et végétarienne.

Le vendredi, alors que le festival a ouvert ses portes la veille à 17h, les premiers arrivants de la journée se pressent à l’entrée du parc Palmer. Pendant que le groupe Paradis chante sur la scène du théâtre, la scène Palmer, qui lui fait face, se prépare à accueillir le prochain artiste.Alors que les nuages girondins narguent le groupe, le public se fait de plus en plus nombreux. Le jeune groupe français aux accents électroniques fait une belle prestation : les textes sont ciselés et les mélodies entraînantes. De plus, malgré le vent, le son est plutôt de bonne qualité. Nous retiendrons de ce concert une superbe reprise de Souchon, « La ballade de Jim », qui met parfaitement en valeur les paroles.

La pelouse du Parc Palmer affiche désormais complet pour The Kooks. De plus, le chanteur est bien décidé à s’accorder les faveurs du public en lui disant de se rapprocher et en lui parlant en français. Les guitares électriques, la musique rock et l’énergie du groupe font le reste ! Ça se balance et ça s’ambiance dans la foule. The Kooks fait une musique qu’on écouterait volontiers cheveux au vent sur la route des vacances.

Alors que la nuit tombe sur le festival, The Kooks passe le relais à Polo & Pan.  On retrouve alors le beat électronique des claviers des deux acolytes. Le public connait déjà Paolo & Pan et est vite conquis. Les transformateurs de voix utilisés sur scène assurent un spectacle original et décalé. Les lumières apportent aussi une dimension exceptionnelle au show des français. L’apogée du concert est atteint lorsqu’ils jouent leur titre phare : Canopée.

Les concerts s’enchaînent pour les festivaliers. Ils ont désormais la chance d’accueillir un groupe habitué des festivals de cet été : Franz Ferdinand. Le groupe écossais rassemble alors tous les festivaliers devant la scène. L’ambiance est à son comble, le public est complètement électrisé. On sent que beaucoup ont fait le déplacement aujourd’hui pour voir ce groupe spécifiquement.

Le lendemain, les plus courageux sont présents aux conférences dès 10h30. Ceci dit, les conférences sont gratuites et ouvertes à tous. Le public est nombreux et n’hésitera pas à poser des questions aux intervenants. Le sujet de la condition animale et de l’alimentation mobilise de plus en plus, notamment les plus jeunes. D’autres conférences ont lieu l’après-midi. La seule déception des participants à Climax est l’annulation de Nicolas Hulot, qui, à cause de l’ouragan Irma, n’a pas pu honorer l’invitation du festival le jeudi 7 au matin. En fin d‘après-midi, c’est reparti pour un cycle musical.

Les plus motivés sont là et profitent des timides éclaircies pour écouter le groupe J-Silk. Il est évident que la plupart des festivaliers arriveront plus tard pour applaudir les têtes d’affiches, mais la belle voix rocailleuse de la chanteuse touche le public présent. Le groupe s’inscrit dans le sillage des nombreux groupes français qui chantent en anglais. Dans la lignée du thème du festival, ils interprètent une chanson qui parle de la beauté de la nature et de l’importance de la préserver.

Après eux, Omar Souleyman fait souffler un vent d’orient sur le festival. Les corps ondulent sous le soleil clair de fin de journée. La musique d’Omar, bien qu’orientale est aussi très électronique et moderne. Ça plait beaucoup au public.

L’ambiance « musique du monde » continue en mettant  Amadou et Mariam et le Mali à l’honneur. Ces deux-là chantent avec le sourire et ça s’entend, ça semble peut-être cliché mais ça réchauffe le cœur instantanément. Ils font chanter le public qui joue volontiers le jeu et se balance en rythme. Bien évidemment le dimanche à Bamako est la chanson qui a suscité le plus grand enthousiasme. Ensuite, les participants ont pu applaudir Morcheeba et sa chanteuse à la voix planante et envoutante. Celle-ci n’a pas peur de venir au plus près du public, quitte à s’exposer à une pluie battante. Même ceux qui connaissent mal  Morcheeba sont embarqués dans leur univers. Tout ce qu’on peut regretter ce sont les pauses un peu longues entre les chansons. Mais dès que la musique reprend, c’est aussitôt oublié.

Puis S-Crew prend le pouvoir sur la scène principale. En quelques secondes les festivaliers se lancent dans un pogo géant qui fait vibrer tout le site. Le public connait bien les chansons et accompagne le groupe, sans se laisser prier. Les applaudissements sont aussi au rendez-vous, c’est un véritable succès.Dans la nuit, des DJ de renoms prennent le relais pour faire danser les festivaliers à Climax.

Enfin, le festival se poursuit par une série de conférences le dimanche, dont une qui met au centre la condition des migrants, très chère au co-fondateur du festival Philippe Barre. La Fondation pour la Nature et l’Homme et Emmaüs en profiterons aussi pour rappeler l’appel des solidarités et pour inviter le public à s’engager pour plus d’éco-responsabilité et de lutte contre les inégalités.

Nous le savons, désormais, il faudra compter sur le festival Climax comme un des festivals importants de la scène française, tant pour sa programmation musicale bien choisie que pour son engagement militant.

visuel : affiche du festival

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Sarah Dray

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