Musique
Live Report’: Yossif Ivanov et l’Orchestre National d’île de France

Live Report’: Yossif Ivanov et l’Orchestre National d’île de France

29 mars 2012 | PAR Marie Charlotte Mallard

 

 

 

 

 

photo: alvaro yanez

 

 

 

 

 

Ce week-end le violoniste Yossif Ivanov interprétait la partition virtuose de Johannes Brahms, le célèbre concerto en ré majeur op 77, accompagné de l’Orchestre National d’île de France. Réputé pour être l’un des plus difficiles du répertoire, l’œuvre fut exécutées avec brio par le jeune musicien de seulement 26 ans.

L’orchestre commence et introduit les thèmes que reprend ensuite le musicien, tous deux mettent quelques mesures avant de se trouver, il faut dire que le jeune violoniste est plein de fougue et d’entrain, comme en témoigne les nombreuses cadences virtuoses accomplies avec une agilité et une légèreté déconcertantes. Toutefois l’extrême dextérité et l’ardeur dont fait preuve Yossif Ivanov tend à prendre le pas sur l’expression. On reste donc quelque peu déconcertés à l’écoute de ce premier mouvement, pris par le sentiment troublant que le jeune musicien aurait pu aller bien plus loin et transcender véritablement l’oeuvre de Brahms. Le deuxième mouvement, un magnifique adagio dont le thème principal est initié par le hautbois, fut cependant un ravissement. Mené avec beaucoup de délicatesse et d’humilité, le thème, d’une grande sérénité, flotte dans la salle et installe une sorte d’apesanteur que vient magnifier le violoniste. L’œuvre se clôt ensuite sur un allegro giocoso aux accents tziganes, contrairement au premier mouvement l’orchestre et le soliste semblent être parfait accord, tout s’enchaîne et coule naturellement. Ici la fougue et l’entrain de Yossif sont en parfaite adéquation avec le caractère à la fois fiévreux et enjoué des fêtes bohémiennes que Brahms voulait évoquer.

Si l’on est conquis par la parfaite technicité et la grande virtuosité du musicien et si l’on reconnait l’excellente exécution de la partition, on déplore toutefois le manque d’émotion et de sensibilité.

La deuxième partie du concert était consacrée à Mendelssohn, l’orchestre national d’Ile de France donnait Les Hébrides ouverture en si mineur op.26, tendre et mélancolique évocation des paysages d’Écosse que l’orchestre a exécuté avec caractère et simplicité. Enfin, la symphonie n°4 dite « l’italienne », brillante, vivante et vivifiante, inspirée cette fois des paysages italiens, ici interprétée avec beaucoup de candeur et de légèreté. A la fois extrêmement heureuse et empreinte d’une douce mélancolie romantique,  elle invite le spectateur au voyage. Le final, à la fois frénétique et plein de bonne humeur, frappe et ravit particulièrement l’auditoire qui saluera cette prestation avec beaucoup d’enthousiasme.

Outre que par la musique,ce concert fût marqué par un appel à l’aide lancé par les musiciens. Juste avant l’entracte, l’orchestre reste en place, quatre musiciens prennent place au-devant de la scène pour former un quatuor, un cinquième les rejoint micro à la main. Débute alors une petite fable, contant les difficultés que traverse actuellement la seule formation ayant pour mission la diffusion de la musique symphonique sur l’ensemble du territoire francilien, notamment en dehors du périphérique. L’adresse au public, attendrissante et extrêmement bien orchestrée fait part de la décision de la DRAC (direction régional des affaires culturelles) de réduire considérablement la subvention accordée, compromettant ainsi la réalisation de missions territoriales, éducatives et sociales, et enjoint le spectateur à soutenir son combat en signant une pétition. L’ensemble de la salle semble être sensible à cet appel poétisé, d’autre part, cette intervention amène  à réfléchir plus largement sur  l’austérité qui menace outre cette formation, l’ensemble du monde culturel et la diffusion de la culture en France.

Pour soutenir plus de renseignements et pour soutenir  l’Orchestre National D’île de France: http://www.orchestre-ile.com/petition/

CONCERT-MANIFESTE de soutien à l’Orchestre national d’Île-de-France

Lundi 2 avril à 18 h 30 au Centquatre salle «400»

5 rue Curial 75019 Paris

M° Riquet

Concert renforcé par des musiciens de tous les orchestres de France et dirigés par Laurent Petitgirard.

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Connexions d’Anne-Flore Cabanis au Centquatre : la consistance de l’invisible
Marie Charlotte Mallard
Titulaire d’un Master II de Littérature Française à la Sorbonne (Paris IV), d’un Prix de Perfectionnement de Hautbois et d’une Médaille d’Or de Musique de Chambre au Conservatoire à Rayonnement Régional de Cergy-Pontoise, Marie-Charlotte Mallard s’exerce pendant deux ans au micro d’IDFM Radio avant de rejoindre la rédaction de Toute la Culture en Janvier 2012. Forte de ses compétences littéraires et de son oreille de musicienne elle écrit principalement en musique classique et littérature. Néanmoins, ses goûts musicaux l’amènent également à écrire sur le rock et la variété.

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