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Jazz’N’Klezmer : voyage extraordinaire avec Vincent Segal et Alain Jean-Marie

Jazz’N’Klezmer : voyage extraordinaire avec Vincent Segal et Alain Jean-Marie

14 novembre 2013 | PAR Delphine Habert

Vincent Ségal et Alain Jean-Marie présentaient mardi soir un projet musical autour de l’œuvre du musicien Larry Harlow, fondateur du très célèbre label de salsa Fania All Stars, dans le cadre du festival Jazz’N’Klezmer.

Le public est au rendez-vous dans ce lieu spirituel et culturel qu’est la Synagogue Copernic. Le concert débute à 20h45, après un petit mot de Bruno Fraitag, vice-président de l’Union Israélite de France, et de l’équipe du festival Jazz’N’Klezmer.

Le duo commence la soirée avec le standard « Abran Paso ». Très vite les deux musiciens imposent un rythme qui nous rappelle cette musique cubaine, rythme qui est ensuite entremêlé de mélodies parmi lesquelles on reconnaît la mélodie chantée par Ismael Miranda, chanteur avec qui Larry Harlow a beaucoup joué. Le violoncelliste incarne la voix du chanteur avec une sonorité particulière grâce à son jeu d’archet qu’il délaisse ensuite pour laisser le pianiste s’évader vers des notes au style plus jazzy, plus contemporain.

Vincent Ségal parcoure la salle du regard avec un grand sourire, content d’être de la partie. Il nous explique sa démarche : pour lui, le klezmer représente ces musiciens nourris de voyage, explorant de nouveaux horizons musicaux, donnant ainsi une transversalité profonde à leur art.

Se succèdent ensuite différents thèmes musicaux, d’abord avec un rythme lent. C’est le cas du thème « Café », subtilement ponctué de cordes pincées pour marquer le tempo et d’un jeu de percussions avec la caisse du violoncelle, tout en laissant transparaître une certaine nostalgie, voire une certaine tristesse. Le solo du pianiste, à la fois jazzy et décalé, reste dans des tons mineurs et laisse se détacher une complainte émouvante. D’autres thèmes sont plus soutenus au niveau du rythme. Les notes y sont entrecoupées de silences, donnant un aspect saccadé jusque là pas encore exploré.

Alain Jean-Marie introduit ensuite un morceau avec un soloentrechoquant des airs classiques, des notes bleues et des sonorités cubaines. Le style devient très romantique, les mouvements amples de l’archet sur le violoncelle en sont le témoin. Puis Vincent Ségal prend alors la main et nous emporte vers une musique orientale, puis arabisante, afin de montrer la richesse, la complexité puis la transversalité unique qu’atteint la musique de Harlow et que peut atteindre la musique en général. Puis le rythme de salsa et les mélodies cubaines reprennent le dessus. Ca tape du pied dans la salle, les têtes dodelinent au rythme du piano, on aimerait presque se lever pour quelques pas de danse.

Avant de terminer le concert, les artistes invitent Marcos Arietta et Anna Carla Maza, fille du pianiste Carlos Maza p. S’en suivent deux interprétations incroyables : un accompagnement fin, subtil et profond puis des solos captivants et déchaînés de la violoncelliste, du guitariste puis des deux têtes d’affiche.

Une pluie d’applaudissements et de nombreux cris d’acclamation surgissent alors de la salle comblée et séduite par cette belle démonstration musicale. Un bol d’air frais qui rassemble et met du baume au cœur.

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