Musique
Live-report – 19.02 : Dirty Beaches aux Nuits de l’Alligator, dans la brume des Everglades

Live-report – 19.02 : Dirty Beaches aux Nuits de l’Alligator, dans la brume des Everglades

23 février 2012 | PAR Etienne Perin
Dirty Beaches © Julien Mignot

Dimanche soir, nous avons assisté au concert de Dirty Beaches à la Maroquinerie dans le cadre des Nuits de l’Alligator, festival dédié au blues rock depuis 2006. Attendu après son premier album Badlands sorti en septembre 2011, après l’avoir manqué à plusieurs reprises, la prestation était à la hauteur de nos espérances.

On aurait cru voir un crooner rock américain entrer en scène. Un jean et un t-shirt blanc, les cheveux gominés plaqués en arrière, c’est avec l’allure de James Dean qu’Alex Zhang Hungtai entre en scène avec deux musiciens. Le Taïwanais installé à Vancouver clôturait la soirée du 19 février du festival les Nuits de l’Alligator, prenant la suite de Dewolff et des plaisants Français Coming Soon. En interprétant son album et bon nombre de chansons des EP qu’il sort depuis cinq ans, il a comblé nos espérances avec une représentation à la hauteur de la grandissante réputation qui le précédait.

On comprend d’où vient l’admiration que lui voue David Lynch : l’ambiance qu’il crée rappelle les bandes originales composées pour ses films par Angelo Badalamenti. Son interprétation sur scène, les bras ballants, parfois secoués convulsivement quand ils ne griffent pas sa guitare, comme sa manière de scander les paroles entre récitation d’outre-tombe, cris sauvages et caresses surannées, sont autant d’ingrédients composant l’étrange atmosphère propre à sa musique.

Souvent comparé à Alan Vega et Suicide, influence qu’il reconnaît facilement dans les entretiens qu’il accorde, c’est dans une brume entre performance artistique et concert rock qu’on le suit, en acceptant peu rassuré mais malgré tout en confiance de se perdre avec lui. Habituellement seul sur scène avec sa guitare et ses machines, c’est avec un saxophoniste / clavier et un percussionniste qu’il interprétait ses titres et le timbre de ce bois, parfois quasi-animal s’intégrait parfaitement aux titres qu’on lui connaissait.

Pour conclure son set avant un bref rappel et peut-être s’assurer de l’allégeance de son public, c’est Françoise Hardy, sa Française préférée, qu’il complimente avant de reprendre son titre Lord Knows Best dans lequel il sample la chanson Voilà de l’intéressée. Comme pour nous rappeler que l’univers de cet exilé Chinois est loin de se limiter au territoire d’un nouveau rockab’ ou d’une avant-garde punk d’un autre temps, mais qu’il a aussi, entre autres, parfaitement assimilé l’héritage musical des pères crooners de son continent d’adoption.

 

La toile d’argent sur la rivière Arkansas repoussée
Akseli Gallen-Kallela, le nom que vous n’oublierez plus au Musée d’Orsay
Etienne Perin

One thought on “Live-report – 19.02 : Dirty Beaches aux Nuits de l’Alligator, dans la brume des Everglades”

Commentaire(s)

    Publier un commentaire

    Votre adresse email ne sera pas publiée.

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *