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Pierre Korzilius, Directeur de ProQuartet présente l’intégrale des quatuors de Felix Mendelssohn-Bartholdy au MAHJ

Pierre Korzilius, Directeur de ProQuartet présente l’intégrale des quatuors de Felix Mendelssohn-Bartholdy au MAHJ

15 novembre 2018 | PAR Yaël Hirsch

Samedi 24 et dimanche 25 novembre 2018, l’auditorium de MAHJ programme l’intégrale des quatuors de Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) au cœur d’une programmation qui interroge  du 19 novembre au 2 décembre la famille du musicien, dont le grand-père était le célèbre Moses Mendelssohn. Un challenge et une fête au cœur des célébrations des 20 ans du musée où interviendra le pianiste Menahem Pressler et dont nous parle le Directeur de ProQuartet, Centre européen de musique de chambre – Paris

Pour plus d’information sur le cycle et pour réserver c’est ici.

Comment vous préparez-vous à investir l’auditorium du Mahj tout un week-end et pendant dix jours?
Le projet qui unit le MahJ et ProQuartet repose sur deux principes, concerts et transmission. Pendant la semaine, 3 résidents ProQuartet, les Trio Metral et Sora et le Quatuor Yako suivront la masterclass de Menahem Pressler dans l’auditorium du MahJ. Ils se produiront ensuite, avec leur collègues venus d’Israël, d’Allemagne et de France dans le cadre d’une intégrale de sa production pour quatuor. Riche répertoire, connu certes pour ces incontournables comme le Quatuor à cordes op. 80, son travail pour 4 instruments compte aussi de nombreuses raretés. N’ont jamais été jouées ses fugues pour quatuor à cordes, composées à l’âge de 12 ans quand il étudiait avec Carl Friedrich Zelter. Autre rareté est sa transcription de sa première symphonie pour piano 4 mains, violon et violoncelle, un quatuor d’un tout autre type, donc !

Quel est le rôle de Mendelssohn le musicien dans les Lumières juives-allemandes ? Est-il un symbole de l’intégration des juifs en Allemagne? A-t-il bien connu Moses, son grand père ?
Son grand-père Moses, né en 1729 et mort en 1786, Félix, né en 1809 ne l’a pas connu. La famille Mendelssohn joue un rôle très important dans le vie intellectuelle de la ville de Berlin qu’ils choisissent comme résidence dès 1811. Le jeune Félix rencontre Goethe et lui dédie même un quatuor, l’op. 3.

Et peut-être pouvez-vous rappeler son rôle et son importance pour la musique de chambre ?
Mendelssohn, dans sa courte vie, a composé pour toutes formations et son importance pour la musique de chambre est capitale. A l’âge de 16 ans, il déclare que son instrument, le piano, ne lui suffisait plus et qu’il trouvait que les sonates pour violon, alto, les quatuors etc. l’intéressaient davantage. De nombreuses œuvres de son catalogue ont acquis une place incontournable dans le répertoire des chambristes, comme ses quatuors avec piano et ses quatuors à cordes, au programme de ce weekend.

L’intégrale des quatuors, c’est un grand challenge?
Le défi est de faire jouer des œuvres moins connues, comme les fugues ou la Symphonie, mais aussi certains de ses quatuors à cordes qui disparaissent derrière la notoriété de son Quatuor op. 80. Rendre hommage à Mendelssohn sans jouer ses œuvres moins connues ne serait pas juste et les musiciens découvrent ainsi des facettes de ce compositeurs hors du commun, enfant prodige et humaniste exemplaire.

Y a-t-il un lien privilégié de Mendelssohn au piano? Juif-allemand, né en 1923, Menahem Pressler est-il encore lié au monde d’hier des Mendelssohn?
Le piano est le premier instrument qu’il apprend, en même temps que sa sœur Fanny, avec sa mère, puis Marie Bigot et ensuite Ludwig Berger. Menahem Pressler inscrit sa propre marque dans l’histoire du piano. Elève d’Eliyahu Rudiakow à son arrivée en Israël il rencontre aussi le le virtuose français Paul Loyonnet. Il remporte en 1946 le Concours Debussy à San Francisco devant Darius Milhaud qui siégeait au jury. En 1955, il fonde avec le violoniste Daniel Guilet et le violoncelliste Bernard Greenhouse le Beaux Arts Trio qui n’arrête son activité qu’en 2008, soit après un demi-siècle. Le monde de la musique, et celui de la musique de chambre en particulier, doit à Menahem Pressler et au Trio Beaux Arts, d’avoir porté cette forme à un niveau d’exigence jamais atteint auparavant. Aujourd’hui, toujours actif comme soliste mais surtout comme enseignant, sa connaissance de tous les répertoires et son contact avec les légendes du 20ème siècle font de lui aussi une légende que nous avons le plaisir d’accueillir pendant cette semaine.

Visuel : ©  Pro quartet

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : yael@toutelaculture.com

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