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[LIVE-REPORT] L’espiègle mezzo-soprano Marianne Crebassa desservie par des Ambassadeurs inégaux Salle Gaveau à Paris

[LIVE-REPORT] L’espiègle mezzo-soprano Marianne Crebassa desservie par des Ambassadeurs inégaux Salle Gaveau à Paris

22 novembre 2016 | PAR Alexis Duval

Dans le cadre ouaté de la salle parisienne, la chanteuse lyrique avait une allure folle. On regrettera toutefois que ses superbes interprétations d’airs de Gluck et de Mozart aient été plombées par un orchestre imparfait.

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Est-ce l’acoustique étouffante de la Salle Gaveau, dans le 8e arrondissement de Paris ? Est-ce la programmation du récital, d’une originalité discutable et d’un ordonnancement perfectible ? Les quelques enchaînements malheureux ? Ou bien les cors trop irréguliers ? On ne saurait trop dire pourquoi la soirée d’arias de Mozart et de Gluck du 21 novembre menée par Alexis Kossenko a laissé un goût d’inachevé.
Chose rare – et plutôt appréciable : à l’occasion d’un (dispensable) Concerto pour flûte n°2 en ré majeur de Wolfgang Amadeus Mozart, le chef a rejoint son orchestre à la flûte. Mais quel dommage que, dans l’ensemble, Les Ambassadeurs, la formation de musique baroque qu’il dirige, ne se soient pas alignés au talent de la géniale Marianne Crebassa.

Smoking noir cintré façon Yves Saint Laurent, chemisier et noeud papillon crème, talons aiguilles de dix centimètres, la mezzo-soprano avait une allure folle. Avec ses airs de petite fille espiègle, elle jubilait en entonnant « Voi che sapete », extrait célèbre et délicat des Noces de Figaro, toujours de Mozart. Marianne Crebassa n’incarne pas Chérubin, elle est Chérubin. Ce rôle, qu’elle a chanté dans trois productions différentes depuis juin 2015, lui tient manifestement à coeur : dans un entretien au Monde daté du mardi 22 novembre, elle le définit comme « un garçon avec une voix de fille, une force de vie primale ».

Interprétation virtuose de Gluck

Mais le vrai morceau de bravoure et de générosité a eu lieu lorsque l’artiste lyrique de 29 ans s’est lancée dans « Amour, viens rendre à mon âme », extrait d’Orphée et Eurydice de Christoph Willibald Gluck et arrangé par Hector Berlioz. Emblématique de l’opera seria, l’air est tout à la passion : « Amour, viens rendre à mon âme / Ta plus ardente flamme. / Pour celle qui m’enflamme / Je vais braver le trépas. » Osons le dire : aussi bien du point de vue de l’orchestre que du chant, c’était virtuose.

Finalement, on aurait préféré un concert moins inégal, plus ramassé (le récital a duré deux heures, dont une première partie plutôt dépassionnée, plus vingt minutes d’entracte) qui accorde davantage de place au chant lyrique. Le plaisir de vibrer grâce à Marianne Crebassa n’en aurait été que plus grand.

Texte et photo : Alexis Duval

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Alexis Duval

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