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[Live Report’]: Le brillant Saphir du Festival Palazzetto Bru Zane

[Live Report’]: Le brillant Saphir du Festival Palazzetto Bru Zane

20 juin 2014 | PAR Marie Charlotte Mallard

Ce jeudi c’est un joyau de la musique du XIXe siècle français que proposait le Festival Palazzetto Bru Zane pour clôturer une semaine de festivités : Le Saphir, opéra-comique en trois actes de Félicien David. De la fraîcheur, de la vivacité, de légèreté, de la mélodie et une dose d’humour firent filer le temps et promulguèrent le succès de cette pièce.

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Félicien David fait partie de ces compositeurs que l’on se plait à redécouvrir tant la richesse mélodique et orchestrale est foisonnante. Le Saphir, adaptation d’une pièce de Shakespeare Tout est bien qui finit bien est le dernier ouvrage lyrique du compositeur et fut créé salle Favart le 8 mars 1865. Comme dans la plupart des intrigues comique, amour, mensonge, déguisement sont de convenance.

L’histoire se passe à la cour de Navarre, le Comte Gaston de Lusignan à qui il ne reste de sa fortune familiale rien de plus qu’un saphir courtise la jeune Hermine son amie d’enfance tout en se refusant de l’épouser. Celle-ci avec la complicité de la Reine use d’un stratagème pour lui forcer la main. La jeune fille aurait en effet, sauvé l’héritier du trône lui valant ainsi les bonnes grâces de la Reine qui pour la remercier lui offre le Comte Gaston pour époux. Horrifié, il choisit de s’éloigner et profite de la guerre à Naples pour partir avec son page Olivier et son ami le Capitaine Parole. Avant de partir le galant homme adresse toutefois une lettre à Hermine stipulant qu’elle ne serait réellement sa femme que lorsqu’il lui passerait le saphir au doigt. Furieuse de le voir ainsi jouer avec ses sentiments la belle se rend à Naples et découvre que lui et ses deux acolytes courtisent la jeune Fiamenta. Les trois hommes lui ont en effet donné rendez-vous au même endroit, au même moment. Hermine profite alors de l’occasion pour ravir la place de la jeune napolitaine – enfermée dans sa chambre par sa tante – se faire passer pour elle et obtenir ainsi le saphir du Comte. De retour à Navarre, désespéré de n’avoir revu Fiamenta et d’avoir perdu son saphir, il se tourne de nouveau vers la jeune femme pour faire valoir ses droits. Celle-ci ne l’entendant pas de cette oreille, le fait un temps marcher avant de lui avouer qu’elle possède le saphir. Alors que la reine vient pour prononcer la dissolution de leur lien, les deux époux font part de leur souhait de rester ensemble.

La partition du Saphir étant perdu, c’est donc une version de chambre qui nous était ce soir proposée par les Solistes du Cercle de l’Harmonie. L’exécution reçut un franc succès et pour cause, vivifiante, animée, rayonnante, drôle, portée par une distribution de chanteurs aux voix affirmées et à un sens de la comédie prononcé. Ainsi les passages parlés seront aussi réjouissants que ceux chantés et l’on appréciera particulièrement le jeu de Marie Kalinine aussi à l’aise et altière dans le rôle de la Reine que dans celui du personnage plus populaire qu’est la logeuse Lucrezia. Cyrille Dubois campe un Gaston soigneux, méticuleux quant aux nuances, de sa voix claire et douce, il nous gratifiera d’une enchanteresse sérénade depuis la coulisse. Gabrielle Philiponet en Hermine charmera dans le long chant de la lettre du comte, nostalgique sans être tragique et larmoyante. Elle comme Marie Kalinine donneront de somptueuses et impeccables vocalises, remarquées et applaudies. Le duo Fiammetta (Katia Velletaz) / Gaston, du deuxième acte, qui voit le comte faire la cour à la jeune fille sera aussi charmant que comique, la jeune femme s’amusant sur de virtuoses et ironiques traits musicaux, de même le quatuor qui fait suite entre Fiammenta et ses trois prétendants porté par une belle énergie. Au troisième acte, l’on appréciera le chant d’Hermine contant l’histoire de Naples, celui de Fiammenta et du Page Olivier ( Marie Lenormand) et l’air du conte, demandant pardon à Hermine. Musicalement l’on sent de multiples inspirations, du classicisme Mozartien à des sonorités orientales que l’on retrouve disséminées un peu partout dans la partition. La mélodie est quant à elle vivante, parfois même dansante. Chaque clôture d’acte est éclatante, rythmée, soutenue, énergique, et donne lieu à de brillantes folies.

Une joyeuse découverte que l’on espère pouvoir revoir sur d’autres scènes. On remarquera la prestation des Solistes du Cercle de l’Harmonie, aux timbres soignés et à l’écoute inébranlable. En effet, point de chef c’est donc au violon solo Julien Chauvin que revenait la tache de diriger. Les applaudissements ne trompent guère sur le succès d’une pièce. Il y en eu ce soir autant pendant l’exécution qu’à la toute fin, musiciens et chanteurs seront rappelés avec enthousiasme, 5 fois sur scène, et de partir sous de nombreux applaudissements.

visuels: © Palazzetto Bru Zane / Michel crosera

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