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[Live Report]: Inauguration de l’auditorium de Radio France

[Live Report]: Inauguration de l’auditorium de Radio France

17 novembre 2014 | PAR La Rédaction

Samedi 15 novembre, grande soirée d’inauguration à Radio France. Et les auditeurs et spectateurs sont récompensés d’une attente longue de cinq ans.

Première impression : la salle est très belle, chaleureuse puisque toute en bois ; l’architecture a été confiée à Architecture Studio, agence à laquelle on doit notamment l’église Notre-Dame-de-l’Arche-d’Alliance rue d’Alleray dans le 15e ou d’une école de commerce rue Armand Moisant. Pour l’auditorium, le choix a été celui du bouleau et du hêtre ; l’orchestre se trouve au centre et le public dans des niches suspendues. On pense immanquablement à la Philharmonie de Berlin (notamment avec le réflecteur, suspendu à 14 mètres), même si l’Auditorium n’a pas la même puissance moderniste que possède toujours la salle mythique.

Cet auditorium est une sorte d’avant-goût miniature de la future Philharmonie, dont on attend l’ouverture en janvier. Si l’architecte n’est pas le même (Nouvel contre Architecture Studio), si la jauge n’est pas la même (2400 places contre 1400) , le choix d’une scène centrale est le même et l’acoustique est due à la même agence, Nagata Acoustics. On doit à ses ingénieurs le Suntory Hall, mais aussi le Walt Disney Concert Hall ou le nouveau Mariinsky. A son actif, l’Arlésienne hambourgeoise : la Philharmonie de l’Elbe, ce chantier qui permet aux Français de se dire que les Allemands aussi peuvent échouer.

Le programme de cette deuxième soirée (après l’inauguration avec les ministres la veille) proposait d’entendre un ensemble sans véritable lien mais qui permettait de tester les capacités de la salle, par l’Orchestre National de France dirigé par son chef  Daniele Gatti. On commence par l’Ouverture de Carmen, sans aucune reprise, pliée en deux minutes. Propre, mais pas totalement convaincant. La Habanera permet d’entendre le chœur et Marie-Nicole Lemieux. La voix chaude de la contralto et sa joie de chanter rendent heureux.

Le morceau de bravoure était wagnérien : l’orchestre et le chœur donnaient Chœur des Seigneurs de Tannhäuser. La force est là, le chœur est de toute beauté, les trompettes des Héraults sont spatialisées et rendent un son vraiment franc… Il ne faut pas solliciter davantage la salle car on sent la saturation proche.

Le concert se poursuivait avec l’air de Samson et Dalila « Mon cœur s’ouvre à ta voix », un tube pour Lemieux qui l’a enregistré pour Naïve avec le National en 2010 sous la direction de Fabien Gabel. Réussite. De même que l’air « La flamme s’élève » du Trouvère dans la traduction du compositeur lui-même.

On est plus circonspect concernant le « Salut Printemps », une œuvre de Debussy bien peu debussyste. Elle date de 1884 et son unique intérêt semble être de nous permettre d’entendre la Maîtrise de Radio France. Le chant est magnifique de pureté et de justesse (notamment l’une des jeunes solistes, la plus âgée du groupe apparemment, remarquable), mais l’œuvre ne mérite vraiment pas le détour (on dirait du Henri Sauguet…).

Venait ensuite L’apprenti sorcier, un tube dans lequel les cuivres se sont surpassés, mention spéciale pour le xylophone. Le concert s’achevait avec une suite tirée d’un Américain à Paris de Gershwin, hommage à la création de la saison au Châtelet, musique honnête mais qui supporte mal la comparaison avec Dukas.

La découverte de la salle était la raison de ce concert, qui a parfaitement rempli son rôle. Comme l’écrit Mathieu Gallet dans le programme, maintenant que c’est ouvert : « passez quand vous voulez ! ».

Par Mathieu Orsi

Visuels: © Christophe Abramovitz – DR Radio France

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