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[Live report] Gauthier Capuçon et L’Orchestre de Paris à Pleyel

[Live report] Gauthier Capuçon et L’Orchestre de Paris à Pleyel

25 novembre 2014 | PAR La Rédaction

Ce mercredi, l’Orchestre de Paris donnait la symphonie pour violoncelle et orchestre op.68 de Benjamin Britten avec Gautier Capuçon en soliste. L’orchestre était dirigé par David Zinman. Ce soir-là, la salle Pleyel était comble, ce qui prouve que lorsque le programme est alléchant, les salles peuvent encore se remplir.

Parlons de la prestation. Il est difficile de passer après Rostropovitch, dédicataire de l’œuvre, qui a créé la symphonie en mars 1964 à Moscou sous la direction du compositeur. Ils ont gravé l’œuvre ; on pourra donc juger de la puissance de leur interprétation, autorisée s’il en est. D’autres interprètes ont proposé une version intéressante : on notera entre autres Daniel Müller-Schott avec Jukka Pekka Saraste et l’orchestre de Cologne ou Truls Mork avec Simon Rattle et l’orchestre symphonique de Birmingham.

En octobre 2013, David Zinman donnait au même endroit les Quatre interludes marins tirés de Peter Grimes ; nous déplorions à l’époque le manque de fougue et de mystère de son interprétation. Les mêmes reproches valent hélas pour la Symphonie pour violoncelle. La musique de Britten est toujours sombre et tourmentée ; elle nourrit l’angoisse et le désespoir qui, paradoxalement, génèrent grâce à lui une forme de félicité. Mais on ne peut jouer cette musique sans urgence, sans nerf, sans sens de la fuite. Or l’interprétation qu’en donne Zinman est comme dévitalisée. Nous n’avons pas encore parlé du soliste : il semble que Capuçon ne soit pas tout à fait à son aise, lui non plus. Les graves n’atteignent pas la profondeur que nécessite la pièce. Il faut néanmoins saluer le dialogue parfaitement maîtrisé du soliste et de l’orchestre puisque le compositeur a voulu une symphonie avec un soliste et non un concerto. Donc, l’attaque de l’Allegro maestoso manque de tranchant, et la Passacaglia finale passe à côté des réminiscences maritimes pourtant évidentes dans l’interprétation Rostropovitch. Déception.

La soirée avait commencé par l’ouverture de Benvenuto Cellini op.23 de Berlioz : l’opéra avait fait un flop à sa création en 1838, le public n’appréciant que l’ouverture ; on regrette que cette page insignifiante n’est pas sombrée avec le reste. L’interprétation n’est pas en cause, l’orchestre a le mordant nécessaire mais cette musique n’a aucun intérêt.

Le concert terminait avec la 3e Symphonie de Schumann op.97 dite « Rhénane ». Là encore – et malgré tout l’amour qu’on porte à Schumann – on aurait préféré autre chose. Non que la 3e ne soit pas une œuvre impressionnante, mais une symphonie plus torturée, plus sombre aurait mieux convenu. Pour donner à la soirée la cohérence et l’unité qui faisaient défaut salle Pleyel ce soir-là.

On pourra néanmoins se faire une idée par soi-même puisque le concert est visible jusqu’en mai sur le site de la Cité de la Musique et sera diffusé sur France Musique le 9 décembre à 14h.

Par Mathieu Orsi

Visuels: Une © Julien Mignot Virgin Classic – Galerie © Gregory Bartadon site internet Gauthier Capuçon

Infos pratiques

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