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[Live-Report] Barenboim et la Staatskappelle Berlin reprennent le cycle Mozart/Bruckner à la Philharmonie (05/01/2017)

[Live-Report] Barenboim et la Staatskappelle Berlin reprennent le cycle Mozart/Bruckner à la Philharmonie (05/01/2017)

06 janvier 2017 | PAR Yaël Hirsch

Débuté à l’automne dernier, (lire notre article du 8 septembre 2016) le cycle mené par Daniel Barenboim et l’orchestre de la Staatskappelle Berlin reprend, du 5 au 7 janvier, à la Philharmonie de Paris. Dans une salle Pierre Boulez pleine à craquer, c’est un Daniel Barenboim très concentré et amaigri qui a dirigé avec majesté son orchestre dans la troublante Symphonie Concertante pour alto, violon et orchestre, de Mozart, où les solistes Yulia Deyneka et Wolfram Brandl ont brillé de nuances, avant d’enchaîner sur la première symphonie de Bruckner (première version).

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Salle remplie jusque sous les combles et concert de toux de saison ont accueilli le maestro Barenboim et la Staatskappelle Berlin à la Philharmonie pour la poursuite du cycle Mozart/Bruckner. Créé à l’alto par Mozart lui-même, la symphonie concertante (1779) fait dialoguer avec vivacité l’alto et le violon, face à un orchestre réduit et précieux. C’est avec beaucoup de douceur que Barenboim dirige le premier mouvement « allegro maestoso », joyeux et joueur, où Yulia Deyneka à l’alto et Wolfram Brandl au violon, se répondent avec une dextérité croissante jusqu’au pic virtuose final. Tranchant par sa mélancolie claire et soutenue, le deuxième mouvement « andantino » envoûte d’intimité et saisit si fort le public qu’il en oublie et de se taire et de tousser entre deux mouvements pour applaudir à tout rompre. Envoyée avec vivacité par le maître le troisième mouvement « Presto » entraîne, avec ses flûtes et l’orchestre, les deux solistes dans un pur moment d’éclat où Barenboim privilégie me mouvement d’ensemble aux détails.

Pas de bis ou de reprise de la part des solistes dans ce programme déjà très chargé et l’entracte permet de se sortir de l’univers mozartien pour essayer de gagner un siècle. Écrite sur plus de 25 ans et publiée sous deux version par un Bruckner déjà mature, la Première Symphonie (1866) est un sommet de labeur majestueux dans lequel Barenboim toujours placide et concentré, se glisse comme dans une seconde peau. L’orchestre est impressionnant et répond comme un seul homme dans l' »allegro molto moderato » inaugural. La flûte survole cette mer de musique autrichienne comme un velours précieux et le public se laisse immédiatement prendre au rythme puissant de la Staatskappelle Berlin. L' »Adagio » semble commencer sur la même note solennelle que le mouvement précédent et dans la même couleur, mais le rythme se soulève encore pour emporter le public avec lenteur et méthode vers l’acmé du troisième mouvement « Scherzo » au début tourmenté et que Barenboim dirige avec une intensité puissante et contenue. Plus solennel, le dernier mouvement « allegro con fuoco » étonne au début avant de saisir à nouveau le public vers un final à l’image de cette symphonie monumentale : sombre et calme.

Les applaudissements durent dix bonnes minutes à la Philharmonie qui attend ce soir le concerto pour piano et orchestre n° 20 de Mozart et la 2 e de Bruckner et pour samedi e programme est : Concerto pour piano n° 22 et 3e symphonie.

visuel : (c) monika rittershaus

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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