Classique

Gardiner fait frémir la grande salle de la Philharmonie de Paris

Gardiner fait frémir la grande salle de la Philharmonie de Paris

04 avril 2015 | PAR Sandra Bernard

Dans le cadre du week-end Bach, la philharmonie de Paris a eu l’immense honneur d’accueillir vendredi 3 Avril 2015, Sir John Eliot Gardiner, que l’on ne présente plus, ainsi que son orchestre l’English Baroque Soloists et l’extraordinaire Monteverdi Choir.

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Un week-end autour de Bach ne peut décemment pas se faire sans la présence de Sir John Eliot Gardiner. En effet celui-ci est un spécialiste du compositeur. Avec le Monteverdi Choir et ses deux orchestres, il sillonne l’Europe afin d’y interpréter l’intégralité des Cantates. Son livre Musique au Château du ciel (Flammarion) dont l’écriture lui a pris douze ans, dépeint cette affection particulière que porte Gardiner envers Bach. Ce 3 avril, la pièce choisie pour être interprétée à la Philharmonie était la Messe en Si. Pour le public hypnotisé, Gardiner a dirigé l’oeuvre au maximum de son talent et de sa dévotion.

Le concert s’est déroulé dans la grande salle. Dès les premières notes, un voyage s’offre au public, des frissons parcourent les corps. L’interprétation est de haut vol, sans aucun temps mort ni la moindre imperfection. L’auditeur est subjugué pendant presque deux heures par cette maîtrise technique et émotionnelle dont Gardiner, son orchestre et son chœur sont les gardiens.

L’anecdote qui montre la maîtrise des artistes présents sur la scène et la qualité de leur interprétation, est cette corde cassée de la première violoniste en plein milieux d’un mouvement. Ce désagrément a causé des échanges de violons entre plusieurs solistes, mais sans jamais véritablement déranger l’interprétation de l’œuvre.

La mise est scène a aussi joué un rôle important. Dans le cœur de son sujet, Gardiner ne fait pas que diriger, il se meut aussi dans une danse quasi transcendante. De plus, les choristes prennent du plaisir à se positionner différemment suivant les morceaux, pour sublimer l’œuvre originale. Cela donne une impression d’enveloppement total du corps dans la musique, grâce à un positionnement des différentes voix.

Cette impression d’enveloppement n’est pas un vain mot dans le cadre de cette grande salle de la Philharmonie de Paris à l’acoustique immersive. Il est ainsi agréable d’être aussi proche de l’orchestre même si l’on se place au dernier rang, contrairement à la salle Pleyel. Le travail acoustique tire profit de cette taille réduite astucieusement aménagée avec des réflecteurs sonores. De plus la forme organique insuffle à la salle, ce pouvoir acoustique d’immerger l’auditeur dans la musique en l’enveloppant de toute la puissance de l’œuvre interprétée.

Pour regarder le concert gratuitement durant six mois, rendez-vous sur la page VOD de la Philharmonie de Paris.

SC

 Visuel : Philharmonie de Paris

Infos pratiques

Musée National Gustave Moreau
Opéra National du Rhin
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

2 thoughts on “Gardiner fait frémir la grande salle de la Philharmonie de Paris”

Commentaire(s)

  • Entièrement d’accord, la salle est prodigieuse : on esgt à la gflois entièrement envahi par la musique, et dans la musique. Cette Messe en si est inoubliable, la beauté de la « scénographie » s’y ajoute. Et jeai peur dde ne plsu jam

    avril 4, 2015 at 11 h 56 min
  • Le message précédent m’a échappé ! Je disais que je craignais de ne plus pouvoir écouter aucun de mes CD de la Messe en si.

    avril 4, 2015 at 12 h 01 min

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