Livres

Pierre Mikailoff nous parle de Cultissimes 80’

Pierre Mikailoff nous parle de Cultissimes 80’

23 octobre 2017 | PAR Antoine Couder

Toute la culture des années 80 sous le regard et la plume rock’n roll de Pierre Mikailoff, également écrivain et auteur d’une belle bio de Serge Gainsbourg.  

Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce projet  de guide des années 80 ?

L’idée de brasser les différents secteurs de la culture de l’époque, en pleine transformation. J’étais un grand lecteur des almanachs d’Actuel qui pratiquaient brillamment ce mélange de technologies, d’arts,  d’images et d’anecdotes diverses. Je suis parti dans cet état d’esprit.

 Et en 1980, le changement c’est maintenant… Mais dans quels domaines ?

Les médias sont en ébullition… L’arrivée des radios libres, du rock sur les chaînes de télévision… Et puis la naissance Canal Plus, dont le patron, André Rousselet, a l’intelligence de confier la création des programmes a des professionnels qu’il laisse agir en toute liberté. On assiste aussi à un changement radical dans le fonctionnement de la télévision publique.

 Le cinéma est également en pleine mutation…

Aux États-Unis, dans les années 80, les studios reprennent la main sur les réalisateurs, ce qui favorise, entre autres choses, l’apparition des blockbusters, qui entraînent de juteuses suites. Mais le professionnalisme hollywoodien est tel que ce cinéma commercial s’avère souvent de qualité. C’est, bien sûr, « Retour vers le futur »,  le second « Alien », les épisodes deux et trois de la première trilogie « Star Wars », « Terminator »… C’est aussi la décennie de Steven Spielberg.

 Et en France ?

On va avoir une série de comédies qui marquent durablement la culture populaire, comme « Viens chez moi, j’habite chez une copine », « Marche à l’ombre », « Les frères Pétard », « Le Père Noël est une ordure »… Il y a, enfin, cet Ovni d’une réalisatrice connue seulement des cinéphiles, « Trois hommes et un couffin », de Coline Serreau, qui attire plusieurs millions de spectateurs en salles.

 A l’époque, vous étiez guitariste du groupe « les Désaxés », qu’est-ce que vous en retenez de particulièrement 80’s ?

L’idée que beaucoup de choses étaient possibles. Nos disques passaient en radio, sur France Inter, Europe 1, RMC… Ça voulait dire : être écouté par des millions d’auditeurs, même en étant signé sur un label indépendant. Il suffisait qu’un Jean-Louis Foulquier se prenne d’affection pour votre 45 tours et vous étiez invité sur France Inter ou aux Francofolies de La Rochelle. Ce n’était pas si difficile de tourner, d’enregistrer, de passer en télé… Avec les « Désaxés », on s’est éclaté, on a découvert tout ça d’un coup. C’était… comme une orgie !

 Que retenez-vous de la culture Rock aujourd’hui ?

Ça a tellement perdu de sens !  Tout ce que j’aimais a quasiment disparu : le côté sulfureux, la rudesse, la saleté des productions, la rareté qui rendaient certains disques si précieux… Ce que je retiens aujourd’hui, et que j’apprécie encore, vient des États-Unis qui, finalement, apparaissent comme un sanctuaire.

https://www.youtube.com/watch?v=n7pC0vkyNN0

Gagnez 3×2 entrées pour l’exposition LUMINOPOLIS
La discothèque idéale – l’art du disque, Fnac le vinyle.
Antoine Couder
Antoine Couder est journaliste. Il est l’auteur de « Fantômes de la renommée (Ghosts of Fame) », une autofiction portée par l’histoire de la musique enregistrée qui a été sélectionnée pour le prix de la Brasserie Barbès 2018. Son travail explore le lien narratif entre document et fiction et plus particulièrement le thème de la musique, entendue au sens de l’écoute et de l’inspiration qu’elle procure. Il écrit actuellement une fiction anthropologique se déroulant entre l’Allemagne, la Suisse et la France.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *