Fictions
[Chronique] « Une famille bien modeste »: Da Ngân nous livre en poésie son témoignage de femme écrivain sur le Vietnam

[Chronique] « Une famille bien modeste »: Da Ngân nous livre en poésie son témoignage de femme écrivain sur le Vietnam

16 octobre 2014 | PAR La Rédaction

Avec sa traduction d’Une bien modeste famille, Charlotte Dang permet au public français de découvrir le célèbre écrivain du Sud-Vietnam, Da Ngân, à travers son roman qui a connu le plus grand succès. Cette auto-fiction, largement inspirée de la vie de l’auteur, nous donne les moyens d’appréhender le reste de son œuvre, qui constitue une part précieuse de la littérature vietnamienne d’après-guerre et à lutter pour le droit des femmes.

Une bien modeste famille, c’est l’histoire d’une femme. C’est aussi l’histoire d’un pays. Les deux se battent, se cherchent, se perdent et se retrouvent pour ne former, au final, qu’une seule et même histoire. Celle d’une reconstruction. La reconstruction du Vietnam, après les ravages de la guerre contre les Etats-Unis. Cette guerre a laissé comme trace de son passage, une division entre Nord et Sud qui marque autant le pays, dans son territoire que dans l’esprit de sa population. Un va-et-vient constant entre Nord et Sud, entre passé et présent va rythmer la vie  de Tiep. Comme le Vietnam, la jeune femme va être divisée en deux, entre l’amour de son amant qui vit au Nord, à Hanoï et celui de ses enfants au Sud. Ces deux amours, elle va chercher à les réunir sous un même toit pour former une famille. Si être mère implique nécessairement d’être amante, c’est un véritable combat que va mener Tiep pour concilier ces deux états, pourtant naturellement liés, qui résument ce qu’elle est: une femme. C’est donc pour vivre sa vie de femme que Tiep rentre en conflit, d’abord avec sa famille, puis avec la société et derrière elle, le gouvernement politique, pour leur faire accepter son choix, celui de divorcer d’un époux avec lequel elle ne partage plus rien. Dans ces conditions, lorsque Tiep rejette son mariage, c’est la société vietnamienne des années 1980 qu’elle rejette, au sens métaphorique, mais aussi au sens propre, par ses engagements en tant qu’écrivain. Sa désillusion qui suit la victoire de 1975, la pression de la tradition, les difficultés qui succèdent à la guerre et à la politique de collectivisation… c’est sur tout cela qu’elle va écrire, au même rythme qu’elle va le vivre, tout au long de son histoire.

Sous la plume de Da Ngân, on découvre ainsi le Vietnam tel qu’elle l’a vécu au quotidien. À l’aide de métaphores et d’images, qui donnent un accent poétique au récit, elle nous raconte un destin particulier, qui fait écho au sien. Mais inscrit dans un contexte politique trouble, où le pays est à la recherche d’un nouvel équilibre, le destin de cette écrivain sud-vietnamienne, permet de saisir celui du Viêt-nam dans son ensemble, de manière vibrante.

Amy Tounkara

Da Ngân, Une bien modeste famille, éd. Intervalles, Paris, p. 352. 22€

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One thought on “[Chronique] « Une famille bien modeste »: Da Ngân nous livre en poésie son témoignage de femme écrivain sur le Vietnam”

Commentaire(s)

  • Sissoko

    Merci pour se résumer il est parfait car c’est très détailler, mais il reste cette part de mystère qui nous pousse à aller acheter le livre. En tout cas c’est se que je compte faire.

    novembre 11, 2014 at 22 h 46 min

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