Livres

Adam Biro; Le Marchand de lunettes et mes autres histoires juives

16 février 2009 | PAR Geoffroy

le-marchand-de-lunettesAprès son recueil de nouvelles « Deux Juifs voyagent dans un train », paru en 2007 chez Belfond, Adam Biro, hongrois d’origine, remet ça avec « Le Marchand de lunettes et mes autres histoires juives ». Au programme, 29 nouvelles courtes dans un style agréable à lire, mêlant cruauté et moquerie. L’argent, l’amour, l’histoire, la religion, l’orgueil, la richesse… Le lecteur se retrouve embarqué dans une séries de situations toutes plus cocasses les unes que les autres. Le rire se trouve derrière chaque page pour dénoncer l’antisémitisme.

« Grün, Kohn, Salamon, Moïse, Shlomo », qu’importe leurs noms, ils sont les symboles de la population juive. Pourquoi ? Ils ont tous les traits de caractères, que certains d’entre nous reprochaient ou reprochent encore aux juifs : riches, modestes, religieux, amoureux, ambitieux, plaignant et un passé. Adam Biro aborde ici le thème du racisme avec légèreté, moquerie, ou cruauté mais toujours avec objectif de faire rire le lecteur. En aucun cas ce livre nous pousse à haïr les juifs, bien au contraire. « Tout, ici, est une question d’interprétation…juive » comme l’explique l’auteur.

Ce livre est aussi une invitation au voyage, entre les États-Unis « terre promise » des Juifs et la Hongrie « terre natale » de l’auteur en passant par Israël et Londres. Le lecteur voyage au gré des situations et des personnages.

Pour ceux à qui l’hébreu est apparenté au chinois ou une autre langue hiéroglyphique, Adam Biro raconte ses histoires, de telle façon, que le lecteur ne se perd pas dans les traductions et s’amuse de la fable. Toutefois pour ceux qui désirent avoir un bagage en civilisation juive, l’auteur a inséré un glossaire des expressions juives, utilisées dans le recueil. Ainsi on apprend que « goy » veut dire celui qui n’est pas juif, que « yid » signifie juif et que « meschüge » correspond à fou.

Adam Biro est le confident du lecteur. Tout au long de ce recueil, il l’apostrophe, lui indique des notes sur l’historique de sa nouvelle, lui demande son avis ou encore une mission. « Contrairement à beaucoup d’histoires dont l’origine m’est inconnue, celle-ci est bien identifiée » « Les dernières lignes de cette bonne blague se cachent dans un très vieux livre hongrois, Seiffensteiner Salamon adomai (Les bonnes histoires de Salamon Seiffensteiner) » ou encore : « Cette histoire est le cadeau d’un copain, dans la rue ». Chaque modification de la part de l’auteur, sur le nom ou un autre détail quelconque de l’histoire, est annoncée et expliquée. Transparence donc. Mais l’auteur va plus loin, il demande, à nous, lecteurs de s’approprier son œuvre et de la modifier avec notre histoire, vie et expérience. Pour que vive son oeuvre….

Le Marchand de lunettes et mes autres histoires juives, Adam Biro  En librairie 382 pages – 18 euros

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