Malentendus

Malentendus

14 octobre 2015 | PAR le_theatre_de_la_renaissance

Cette œuvre retrace le parcours de Julien Laporte, un jeune homme sourd dans une famille bourgeoise du nord de la France dans les années 60. Enfant, puis adolescent, Julien a été contraint à l’oralisme par un père autoritaire qui ne voulait pas entendre parler de la langue des signes. Isolé, l’enfant invente ses propres langages dans la solitude de sa cabane en bois. Héros malgré lui, Julien « se sauve » finalement… en se sauvant du domicile familial.

Le retour dans la « maison de la tyrannie de la parole » aura lieu dans les années 2000, où il retrouve son frère et sa sœur pour trancher des questions relatives à l’héritage familial. C’est depuis cette scène cathartique, où les différents langages des protagonistes vont se dévoiler et se confronter, que le spectacle débute…

Familier des langages non-conformistes et d’actions en direction des publics dits empêchés, Eric Massé poursuit un parcours autour du handicap et de la sensorialité. Pour offrir toute la richesse de cette histoire des langues, la distribution sera composée d’acteurs parlants et/ou signants, sourds et entendants. La surdité y dévoile son histoire, aussi méconnue que violente, et devient le révélateur de ce que projettent les parents (et par extension la société) sur leurs enfants.

On est toujours possédé par ce que l’on écrit : c’est bien pourquoi on l’écrit, dans l’espoir aussi de s’en libérer. Quand le livre paraît, on n’a au fond qu’un désir : être enfin dépossédé par les lecteurs de cette hantise, de ce qui obligeait à écrire. C’est un leurre, évidemment. On n’est jamais libéré de rien, ou un bref instant : un instant magique. La découverte sur la scène de « Malentendus, l’enfant inexact » est de ces instants magiques.

 » Dans son travail d’adaptation puis de mise en scène, Éric Massé a tout démonté puis remonté du livre, gardant cependant, non seulement le socle et le mouvement des phrases, devenues différentes d’être orchestrées différemment, mais surtout l’âme du texte. Ce pourquoi ce roman exigeait d’être écrit, voilà que je le retrouve, devant moi, à distance de moi, sur la scène. Voilà que c’est devenu autre chose, que c’est devenu la chose des comédiens, de leur metteur en scène, des techniciens, dessinateur, vidéaste, de tous ceux qui y ont participé. Disons : ce n’est plus ma chose, mais je l’y reconnais complètement, et j’y reconnais donc la nécessité qui m’a poussé à écrire. Avec un bonheur d’autant plus grand que les comédiens réussissent à entraîner le public, à lui faire pleinement partager cette nécessité dont je parle, à son tour. Autant dire que je les trouve incroyablement forts, à me demander comment ils font – des magiciens, en somme. »

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