Cinema
[Interview] « Silence, on court! » Festival qui vous promène de salle en salle!

[Interview] « Silence, on court! » Festival qui vous promène de salle en salle!

08 avril 2014 | PAR Enora Le Goff

Ce soir commence le festival de courts-métrages itinérant Silence, on court! Jusque dimanche il investira plusieurs salles parisiennes pour présenter le travail de jeunes réalisateurs venus du monde entier. Laura Petit, directrice du festival nous parle de cet événement:

 
Quelles comparaisons peuvent être faites entre cette édition 2014 et la première, en 2008 ?

Laura Petit : L’année de sa création, en 2008 à l’Université de Nanterre, nous étions alors une dizaine d’étudiants avec l’envie de montrer les films qui gravitaient autour de nous, réalisés par nos camarades de classe. Nous étions alors sur une soirée, et nous avions réussi à réunir une centaine de personnes, nous étions très fiers ! La 3ème année, le festival a commencé à sortir de la fac, et nous avons organisé la soirée de clôture au Forum des Images, ce qui nous a donné plus de poids et de reconnaissance auprès des réalisateurs, des professionnels… L’année suivante, on a présenté des films au Studio Galande, tout en gardant des projections à Nanterre, dans l’idée de proposer un vrai parcours aux spectateurs. Aujourd’hui, le festival est définitivement sorti des murs de la fac et se promène de salle en salle pendant une semaine à Paris. Nous recevons des films venus du monde entier et nous accueillons un public nombreux avec plus de 2000 personnes l’année dernière !

Le principe de Silence On Court est d’être itinérant, se déplaçant de salle en salle, qu’est ce que cela apporte au festival?

L.P. : Nous aimons beaucoup l’idée de promener notre public de salle en salle, de quartier en quartier. On essaye aussi de faire découvrir des lieux inédits comme la Péniche Cinéma ou les Voûtes dans les Frigos de Paris. Silence, On court ! défend le court métrage en salle, et dans TOUTES les salles !! Une façon de faire sortir le cinéma de ses murs habituels, mais aussi de faire découvrir des recoins cachés de la capitale.

L’une des particularités du festival est aussi d’être entièrement gratuit, cela a-t-il participé au développement de la structure ?

L.P. : La gratuité est un pari très difficile à tenir mais on s’y accroche. Cela suit la volonté de rendre le festival accessible à tous et permet d’attirer un public frileux face au film court.

Votre jury est des plus prestigieux (avec notamment Bernard Payen, responsable de la sélection courts-métrages à la Semaine de la Critique et directeur de programmation à la Cinémathèque Française et d’Antoine de Baecque, ancien directeur de la rubrique culture à Libération et ancien rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma), mais comment se fait la sélection des films ? Sur quoi se reposent les critères de sélection ?

L.P. : Programmer à Silence, on court ! ce n’est pas programmer de « bons films » passe-partout, réussis dans leurs intentions (si tant est qu’on puisse se permettre de juger des intentions d’un auteur), c’est programmer des choses qui font force de proposition, qui créent de la pensée en mouvement. C’est programmer des choses qui peuvent être parfois bancales, mais qui au moins montrent une envie folle de faire des films et de parler de ce qui nous entoure. L’ambition de Silence, on court ! est avant tout de défendre une nouvelle génération de cinéastes qui porte un regard neuf sur le monde. Il s’agit de défendre une manière nouvelle de faire des films, loin des conditionnements financiers et esthétiques qui dirigent l’essentiel de la production cinématographique actuelle. Il s’agit de s’inscrire dans un mouvement plus global de refondation du processus créatif. La spontanéité, la jeunesse, l’urgence aussi …

En dehors des projections de courts-métrages, le festival s’illustre aussi par différentes actions (rencontres entre scénaristes et producteurs…) en quoi participent-elles des objectifs du festival ? De plus comptez -vous multiplier ce genre d’actions par la suite ?

L.P. : Depuis sa création nous avons toujours eu la volonté de créer des passerelles : entre les jeunes réalisateurs et le Jury de pro, entre les films et le public avec nos débats, entre les différentes générations de spectateurs avec notamment le Prix Lycéen… Les rencontres Silence, on speed !, qui permettent à de jeunes scénaristes de présenter leur travail à des producteurs, s’inscrivent dans cette même veine. Silence, on speed ! est encore en développement, chaque année nous affinons le projet et nous essayons de lui donner une plus grande ampleur. Parallèlement au festival, nous proposons également des ateliers de réalisation avec des plus jeunes, c’est aussi quelque chose que nous comptons développer.

Les festival débute dès ce soir au Comptoir Général, toute la programmation est à retrouver ici !

Infos pratiques

Bibliothèque Publique d’Information (BPI) du Centre Pompidou
Petit Journal Montparnasse
comptoirgeneral

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