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Une 17e édition du Pavillon des Arts et du Design recentrée sur le 20e siècle ouvre ses portes aux Tuileries

Une 17e édition du Pavillon des Arts et du Design recentrée sur le 20e siècle ouvre ses portes aux Tuileries

27 mars 2013 | PAR Yaël Hirsch

Alors qu’il se prépare à partir à l’assaut de Los Angeles, le Pavillon des Arts et du Design s’installe, comme chaque année, dans le jardin des Tuileries. Ce cabinet d’amateurs férus de design, peinture, orfèvrerie et arts tribaux se recentrent sur une sélection où tout n’est que 20ème en beauté, luxe calme et volupté… Petit compte-rendu de notre visite et de nos coups de cœur.

Plus que 21 galeries sous le pavillon noir (la couleur chic de l’année, qui tranche avec le rouge des éditons précédentes) du Pavillon des Arts et du Design (PAD). Elles étaient 75 l’an dernier (voir notre live-report). En conséquence, les espaces sont grands, luxueux et la mise en scène d’autant plus impressionnante que les galeries rivalisent d’originalité et d’élégance, a contrario des espaces blancs minimalistes que d’autres exposants occupent à l’heure actuelle sous la coupole du Grand Palais pour ArtParis.

Le pavillon s’ouvre sur une salle grandiose commanditée par le sponsor HSBC à Vincent Darré (voir photo ci-contre).L’univers néo art-déco et inspiré des surréalistes, et le caractère à la fois chaleureux et luxueux de cette pièce donne le « la » de l’ensemble du PAD, qui a résolu pour cette 17ème édition de se recentrer sur le 20ème siècle. L’on retrouve cet esprit de revisite du début du siècle dans tous les lieux de convivialité du salon, qu’il s’agisse du bar, d’esprit art nouveau, rappelant le café viennois de la Neue Galerie new-yorkaise, du stand très « Belle époque » du champagne Ruinart ou des petits tabourets à la Ruhlmann » du stand de Elle Décoration.

 

Le design est donc à l’honneur dans ce PAD 2013, avec des lignes qui s’arrêtent volontiers aux années 1970. Dès l’ouverture la superbe galerie Downtown montre un mobilier griffé Perriand, Le Corbusier, Prouvé et Arad… Spécialiste des arts décoratifs, la galerie Lacoste nous plonge dans un univers digne du Stavisky de Resnais (voir photo ci-contre). Dans le même esprit, la galerie Chahan déroule des meubles années 1940 américains. Les tapis chatoyants de la galerie Nilufar viennent compléter ce panorama qui rend nostalgique des années folles. La Galerie James nous avance jusqu’aux années 1950 mais nous fait voyager au Brésil.Quant au stand de la galerie Pascal Cuisinier, elle revisite la salle à manger « Sylvie » de René Jean Caillette, qui avait fait  impression au salon des arts ménagers de 1961. Dansk Moebelkunst nous propulse vers le nord, à travers presque tout le 20ème siècle. Seuls la galerie Maria Wettergren et l’audacieux Carpenters Workshop nous mènent au seuil du 21ème siècle, à l’heure où les frontières entre design et art s’estompent… L’avant-garde est à aller chercher chez les néerlandais de Privatkollektie, qui proposent, dans une explosion de couleurs

Côté beaux-arts, les  toiles sont à l’honneur, toujours 20ème siècle. Les Jean Dubuffet de la galerie Hopkins sont à couper le souffle, tandis que l’ibérique Mayoral étale avec grâce ses Miro, Chillida et Manolo Valdès, même si c’est la galerie Pascal Lansberg qui offre le Valdès le plus impressionnant : une « reine marie ». Côté sculpture, toujours dans l’esprit art déco, les 6 sculptures contemporaines de l’artiste chinois Li-Chen mises en scène dans le très bel espace de la galerie Minet-Merenda, permettent de découvrir, au coeur de pièces chinoises et japonaises anciennes, l’univers de cet artiste immensément connu dans son pays (il est classé 61ème des plus grands artistes mondiaux par Artprice en 2012), qui s’inspire du taoïsme et de la statuaire bouddhiste pour proposer des personnages pleins et harmonieux.

Tandis que les bijoux se trouvent surtout du côté de la galerie Bousset et chez Garrido, l’art  tribal ancien fleurit au PAD, chez Flak ou à la Galerie Afrique pour les arts africains et océaniens qu’à la Galerie Charbonnier pour les armes anciennes japonaise.

Mardi 26 mars 2013, les prix du Pavillon de l’art et du design ont été remis, en partenariat avec la banque HSBC.  Présidé par Jean-Michel Wilmotte, le jury du PAD a décidé que deux œuvres représentées par la galerie Pascal Cuisinier entreraient dans les collections des Arts décoratifs. Il s’agit cette année d’une lampe N10576 e, métal laquée de Michel Mortier (1972) et d’un lampadaire M1 de Joseph  André Motte (1958). Le prix du stand est allé à la galerie Mathieu Richard, le prix des arts décoratifs du 20ème siècle à Heinrich Eckinger pour son « plafonnier de style anthroposophique » (1930) chez Franck Laigneau, et le prix du design contemporain au « Grand tabouret » de Mikko Paakkanen (2012) chez Maria Wettergren.

 

Infos pratiques

Manufacture des Abbesses
Théâtre de l’Atalante
Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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